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Les sorties du 2 août 2017

LE FILM DE LA SEMAINE

 

La Planète des singes : Suprématie de Matt Reeves ***
Menacé par un militaire fou, César et son clan espèrent quitter la forêt pour trouver refuge dans le désert. Matt Reeves enrichit la structure de ce film d’action classique mais rigoureusement construit d’un sous-texte allégorique puissant.

Troisième et dernier chapitre du reboot initié en 2011 par Rupert Wyatt, La Planète des singes : Suprématie achève la saga sur les sentiers de la guerre. Les tentatives de coexistence pacifique définitivement oubliées, le constat de cet échec prend dans ce nouvel opus des airs de règlements de compte. Toujours aux commandes, Matt Reeves délaisse la structure en miroir de La Planète des singes : L’Affrontement, ses influences empruntées au western et son parallèle sur la domination des Amérindiens par les premiers colons, pour se tourner vers le film de guerre. Au milieu des références à Apocalypse Now, dont le personnage du colonel fanatique, interprété par Woody Harrelson, est un condensé à lui seul, Matt Reeves convoque la symbolique biblique de l’exode vers la terre promise, à laquelle s’ajoute progressivement la métaphore de l’esclavagisme sur fond de plaidoyer antispéciste. César, qui, depuis @La Planète des singes : Les Origines, a accompli sa mue de singe doué de parole en leader charismatique, a désormais en charge la survie de son peuple, qu’il doit mener jusqu’au désert pour échapper à un humain leur refusant le droit d’exister librement. Résolument plus sombre que les deux précédents volets, et aussi plus abouti, aussi bien visuellement qu’en termes d’écriture, La Planète des singes : Suprématie confronte César, pourtant fervent pacifiste, mais hanté par son désir de vengeance, à des choix de conscience. Parfaitement maîtrisé, l’univers visuel grandiose construit par Matt Reeves, où la nature a repris ses droits, achève de donner un souffle épique à ce récit intelligent, qui dépasse le cadre du simple blockbuster de l’été.
A.Jo.

 

 

LES AUTRES FILMS DE LA SEMAINE

 

Cars 3 **
Ce nouvel épisode des aventures de Flash McQueen confronte le bolide parlant à de nouveaux défis, parmi lesquels la cohabitation avec une coach enthousiaste. Scénario touchant, images à l’avenant… Pixar peut être fier de ses belles voitures.
M.Q.

Chouquette **
Comédie itinérante nourrie des névroses de ses protagonistes, ce premier film déploie assez de fantaisie et de poésie pour nous embarquer dans une Bretagne enchantée où les interprètes jouent les farfadets avec enthousiasme.
M.D.

Crash test Aglaé **
La vie calibrée d’Aglaé, jeune femme psychorigide qui ne vit que pour son travail, est bouleversée par la délocalisation du centre de crash test où elle est employée. Éric Gravel signe pour ce premier long métrage un road movie coloré et poétique.
A.Jo.

Les Filles d’Avril **
Avril rejoint ses filles, Clara et Valeria, alors que celle-ci, 17 ans, est enceinte. Peu à peu, la mère, protectrice, va révéler un tout autre visage. Plus accessible, le nouveau Michel Franco reste une œuvre atone, sur une trame à la savoureuse perversité.
S.G.

Hostages ***
Basé sur le détournement raté d’un vol régional en 1983 en Géorgie, Hostages est un film fort qui en dit peu sur les motivations de ses auteurs, mais constitue un témoignage pertinent de cet épisode marquant de l’Histoire contemporaine.
A.L.

Out **
Premier film d’un réalisateur slovaque de 35 ans, Out balade son héros jusque sur les côtes de la mer Baltique. L’optimisme du héros empêchera seul le spectateur de tomber dans la dépression. Brillant sur la forme, mais le scénario manque de nuances.
M.Q.

Petite amie ***
Lorsqu’elle rencontre la nouvelle élève du lycée, une jeune Israélienne s’émancipe de sa pesante vie familiale pour expérimenter la liberté et l’amour. Une lumineuse évocation d’un éveil sexuel et amoureux, ennoblie par une charge politique sensible.
S.H.

#Pire soirée **
L’enterrement de vie de jeune fille de Jess prend une tournure inattendue… 100 % féminin, #Pire soirée ne propose rien de plus que les récentes comédies américaines. Mais le film parvient à divertir, porté par un casting efficace et un rythme impeccable.
A.L.