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Les sorties du 5 juillet 2017

LE FILM DE LA SEMAINE

 

I Am Not Madame Bovary de Feng Xiaogang ***
Après avoir contracté un faux divorce avec son mari afin d’acquérir un deuxième logement, Li l’assigne en justice lorsque celui-ci se remarie. Portrait caustique de la Chine actuelle, I Am Not Madame Bovary se distingue par sa beauté formelle stupéfiante.

Quel curieux film que ce I Am Not Madame Bovary : à la fois comédie dramatique et satire sociale, le nouveau long métrage de Feng Xiaogang s’apparente, de par son déroulement, à la veine du conte. Mais il s’agit avant toute chose d’une merveille esthétique. C’est comme si nous observions les situations à travers le trou d’une serrure, le réalisateur ayant opté pour un cadre circulaire (un format carré s’y substitue pour les passages à Pékin), et conférant ainsi à son film l’aura d’une fable des temps modernes. Et pour cause : le film débute sur une légende chinoise, celle de Pan Jinlian (sorte d’équivalent à notre Emma Bovary), personnage mythologique ayant conspiré avec son amant pour tuer son mari. Archétype de l’épouse indigne, l’héroïne de I Am Not Madame Bovary s’évertuera, une décennie durant, à prouver qu’elle n’en est pas une, puisque l’infamie se loge ici dans la figure de son ex-mari, lequel rompit leur faux divorce en partant avec une autre femme. Pourtant, si leur divorce fut secrètement contracté à des fins administratives, n’en est-t-il pas pour autant effectif ? C’est ce que tous les opposants de Lin s’acharneront à dire ; toutefois, il sera moins question, ici, de la légitimité de sa riposte que de l’attitude négligente des fonctionnaires à l’égard du peuple ; étendue sur dix ans, l’affaire tient donc lieu de prétexte pour dresser le portrait satirique d’une Chine corrompue. C’est sans doute la raison pour laquelle le film pourra parfois nous paraître nébuleux, tant la hiérarchie gouvernementale décrite nous est peu familière. Toutefois, sa beauté formelle empoigne et captive, jusqu’à un dénouement aussi inattendu que touchant.
V.V.

 

 

LES AUTRES SORTIES DE LA SEMAINE

 

À la recherche des femmes chefs **
Par le biais d’une approche partisane, Vérane Frédiani cherche à démontrer que le monde de la cuisine professionnelle n’est pas si masculin que les médias veulent le faire croire. Mais un trop grand nombre de portraits et l’absence de liant effritent le sujet.
J-A.M.

Anna ***
Anna, instable et impulsive, emmène son fils en Colombie sans l’autorisation du père de celui-ci. Un road movie sans clichés, extraordinairement bien interprété, tendre, électrique et poignant, au service de personnages beaux et complexes.
G.R.

Le Caire confidentiel ***
2011. Alors que gronde le Printemps arabe égyptien, le capitaine Noureddine doit enquêter sur la mort d’une chanteuse dans un hôtel de luxe. Ses investigations le mènent à un député proche de Moubarak… Un polar poisseux, doublé d’un édifiant pamphlet.
G.To.

Le Dernier vice-roi des Indes ***
Inde, 1947. Tandis que Lord Mountbatten, épaulé par son épouse Edwina, vient négocier l’indépendance, Jeet, hindou, et Aalia, musulmane, serviteurs au palais, tentent de s’aimer. Un film associant magnifiquement la grande et la petite histoire.
G.To.

Embrasse-moi ! ***
Océanerosemarie retrouve son personnage de lesbienne (invisible dans son spectacle sur scène, burlesque sur grand écran) et le met au service d’une comédie fraîche, délicate et enjouée où l’homosexualité n’est plus ce “douloureux problème” mais s’affiche en évidence sociétale.
N.Z.

Entre 2 rives **
Suite à un accident, un pêcheur nord-coréen échoue en Corée du Sud. Débute pour lui une douloureuse odyssée. Kim Ki-duk signe un pamphlet politique et tragique qui écorche – de manière démonstrative – les deux Corées.
S.H.

Les Hommes du feu **
Prenant pour thème principal les pompiers et leur quotidien, le film porte un regard nuancé sur des hommes et des femmes considérés comme des héros. Mais il peine toutefois à trouver l’équilibre entre ses ambitions romanesque et documentaire.
M.Du.

Kóblic ***
Avec ce thriller aux allures de western sur fond de dictature argentine, Sebastián Borensztein, s’il ne comble pas toutes les attentes, retrace avec empathie le parcours d’un anti-héros dépassé par l’Histoire, porté par un Ricardo Darín toujours impeccable.
MD.

Loue-moi ! *
Lé loue sa personne (mais pas son corps), tout en s’enferrant dans le mensonge auprès de ses proches. Ce pendant féminin d’Alibi.com, moins trépidant et comique mais plus sincère, pèche par manque d’ambition et d’originalité, malgré quelques scènes réussies.
M.B.

Moi, moche et méchant 3 **
Découvrant l’existence d’un frère jumeau caché, Gru est reparti pour de nouvelles aventures (quoique peu inédites) et doit combattre un super-méchant épris de vengeance contre Hollywood. Sans ennuyer, ce troisième opus n’enthousiasme pas.
V.V.