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Les sorties du 21 juin 2017

LE FILM DE LA SEMAINE

 

Ava de Léa Mysius ***
En vacances, Ava, 13 ans, bientôt aveugle, vit une passion amoureuse avec un jeune gitan. Avec audace et originalité, Léa Mysius filme ce conte initiatique comme une ode crépusculaire. Un premier film intense et une réalisatrice à suivre.

Un premier film pour décrire, le temps d’un été, les premiers émois d’une adolescente : a priori, Ava a des airs de déjà-vu. Et pourtant, Léa Mysius (coscénariste des Fantômes d’Ismaël d’Arnaud Despleschin, remarquée pour ses courts métrages) parvient, dès le premier plan, à imposer un style d’une singularité rare : une plage gorgée de couleurs, livrée aux touristes entre lesquels circule un mystérieux chien noir. Et la réalisatrice ne cesse, par la suite, de démontrer l’originalité et l’audace de sa mise en scène. D’abord parce qu’elle jette le trouble en choisissant une très jeune interprète, Noée Abita, dont elle révèle, derrière le visage poupin et le regard mutin, la femme en devenir. Ensuite parce que, débarrassant son conte initiatique de tout sentimentalisme, elle imprime à son récit une forme d’urgence cruelle, guidée par la cécité progressive de son héroïne. Avant que le noir ne l’envahisse, Ava veut – et doit – voir/vivre. Dès lors, les étapes qui pourraient apparaître comme de simples passages obligés propres à tout récit d’apprentissage (conscience de soi, découverte de la sexualité, émancipation) prennent un sens dramatique, portées par une pulsion aussi vitale que désespérée. À travers le regard intense d’Ava, les images du film se laissent ainsi envahir par une douceur crue qui intensifie à la fois les ombres et les couleurs. Pari réussi de Léa Mysius : filmer l’aube de son héroïne comme une ode crépusculaire. Si Ava n’est pas sans maladresses – cherchant, comme tout premier long métrage, autant à dire qu’à prouver -, il n’en signe pas moins l’acte de naissance d’une réalisatrice à suivre de très près.
C.L.

 

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LES AUTRES SORTIES DE LA SEMAINE

 

Ana, mon amour ***
Comment, dans un couple, le dévouement et l’abandon basculent-ils du bénéfice à la dépendance ? Cette évocation d’une relation sur dix ans propose des réponses, par une narration judicieusement morcelée passée au crible de la psychanalyse.
M.D.

Bad Buzz °
Suite de saynètes décousues et à l’humour plus que discutable, Bad Buzz est un pur produit marketing, censé attirer à lui les fans du duo comique télévisé Éric et Quentin. Malheureusement, l’absence de toute recherche esthétique ou narrative est flagrante.
F.B-P.

Baywatch *
Entre un trafic de drogue sévissant sur sa plage et l’arrivée d’un nouveau sauveteur trop sûr de lui, le mythique Mitch Buchannon a fort à faire… Soleil, vagues turquoises, ralentis avantageux, bagarres et gags potaches : rien de bien nouveau sur le sable.
G.R.

Des plans sur la comète °
Deux frères au professionnalisme douteux arrivent à Vitré pour rénover une maison mise en vente par une agent immobilier. Hystérique, vulgaire, le premier film de Guilhem Amesland ne maintient éveillé que par la frénésie exténuante de ses personnages.
V.V.

Everything, Everything *
Une adolescente recluse, car dépourvue de défenses naturelles, tombe amoureuse de son voisin. Adapté d’un roman pour ados, ce film-guimauve affiche un couple mixte, cache quelques saveurs poivrées et raconte mine de rien un amour monstre.
E.B.

Les Ex *
Des coupls sont au tournant de leur vie sentimentale. Sont-ils solides ou éphémères ? Plutôt qu’une saga des ex, ce film choral est une nouvelle comédie de remariage, avec des gags inégaux et quelques situations cocasses, mais souvent convenues.
M.B.

Le Grand méchant renard ***
Ceux qui pensent que la campagne est un lieu paisible se trompent : les renards s’y prennent pour des poules, les lapins y jouent à la cigogne et les canards y remplacent le Père Noël. Une adaptation réussie de la bande dessinée de Benjamin Renner.
G.To.

It Comes at Night ***
Ce deuxième film de Trey Edward Shults (Krisha) prouve que c’est encore avec de vieilles recettes qu’on fait les films d’épouvante les plus efficaces. Avec son atmosphère apocalyptique et ses personnages flippants, It Comes at Night remplit son contrat.
M.Q.

K.O **
Au sortie d’un coma, un homme ne reconnaît plus sa vie, dont toutes les cartes ont été rebattues. Fidèle à son univers, Fabrice Gobert (Simon Werner a disparu) s’emploie à voiler la normalité de teintes inquiétantes. Le résultat est séduisant, mais pas assez vertigineux.
N.M.

Macadam popcorn ***
Le dessinateur Mathieu Sapin sillonne la France pour rencontrer des exploitants de salles de cinéma. Mêlant documentaire et bande dessinée, le film rend joliment hommage à leur métier et valorise les salles de cinéma comme lieux de convivialité et d’échange.
V.V.

Le Manoir *
Partie fêter le Nouvel An dans un manoir perdu, une bande d’amis voit ses membres se faire mystérieusement occire les uns après les autres… Une comédie plutôt bien filmée et énergiquement interprétée, qui aurait gagné à élever un peu le niveau. Dommage.
G.R.

Rara *
On comprend la nécessité de se faire le relais d’une histoire vraie aussi scandaleuse que celle de cette mère qui se voit retirer la garde de ses enfants parce qu’elle est homosexuelle, moins d’avoir fait un film aussi atone.
A.D.

Songs for Madagascar ***
Depuis 2008, les musiciens du collectif Madagascar All Stars défendent la culture malgache dans une société éprouvée par la misère politique et sociale. En toute intimité, Cesar Paes filme leur rencontre dans un documentaire noble et classique.
S.H.

 

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