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The Rider, l’esprit des plaines par Marine Quinchon

La plus américaine des cinéastes chinoises, Chloe Zhao est venue présenter pour la deuxième fois un long métrage à la Quinzaine des réalisateurs, après Les Chansons que mes frères m’ont apprises en 2015. The Rider nous emmène dans les grandes plaines de l’ouest américain, dans le Dakota du sud. Brady Blackburn, champion de rodéo, sort de l’hôpital après un grave accident qui a nécessité une intervention chirurgicale au crâne. D’abord incapable de remonter en selle, il trouve un job dans un supermarché. Quand son père vend Gus, son cheval préféré, pour régler ses dettes, Brady essaie de conjurer le sort et de reprendre le dressage de chevaux. The Rider est de ces films dont la beauté vous serre le cœur. La poésie est partout : dans les dialogues, concis, triviaux, des cowboys très pudiques, qui peinent à verbaliser leurs sentiments, qui se racontent dans des gestes et des regards. Leur accent traînant est comme une musique mélancolique. Quand l’un d’eux prend sa guitare, au coin du feu, pour chanter sa propre vie, le temps est comme suspendu. Il y a aussi la petite sœur, Lily, qui est un petit bout de tendresse pure, la tête dans les étoiles dont elle recouvre le corps de son frère, comme pour lui redonner du courage. Enfin, au cœur de cette histoire, il y a les chevaux, symbole de liberté. Quand Brady remonte en selle pour la première fois, c’est comme si son âme s’élevait en même temps qu’il file dans la prairie, on sentirait presque le vent sur notre visage. Car The Rider est aussi un très beau western crépusculaire, qui charrie les mythes de l’Ouest éprouvés par le monde moderne, celui qui enferme jusqu’à l’aliénation.