Rechercher du contenu

Sans pitié de Byun Sung-hyun Un regard frais et prometteur !

En prison, un mafieux solitaire et à l’intelligence redoutable rencontre un jeune détenu tête brûlée. Une étrange alliance s’établit entre eux, alors que l’univers dans lequel ils évoluent s’agite de faux-semblants et de trahisons.

Troisième film de Byun Sung-hyun, Sans pitié assume, dès les premières séquences, ses références occidentales : Quentin Tarantino pour la narration éclatée, faite de flash-backs qui complexifient l’intrigue, et Martin Scorsese pour la fresque mafieuse de grande ampleur. Intelligemment, le cinéaste atténue la dimension clinquante de sa mise en scène pour basculer progressivement dans le thriller psychologique. Là où d’autres se seraient contenter de répéter des conventions bien établies, Byun fait le pari d’enrichir chacun de ses personnages, justifiant alors les rebondissements de ses flash-backs, et dote le film d’un vrai ludisme. Sans pitié marche, en réalité, dans les pas du culte Infernal Affairs (Andrew Law et Alan Mak, 2002) – qui fut “remaké” par Scorsese avec Les Infiltrés – et adopte un ton volontairement grandiloquent par endroits pour se différencier de son aîné. Le mélange des genres et des tons, la quantité d’événements et de retournements de situation peuvent lasser : pourtant, le réalisateur parvient à donner une épaisseur inattendue à ses personnages et à nous attacher à Jae-ho (le génial et cabotin Sul Kyoung-gu, vu dans Oasis et Peppermint Candy), “salaud” de première classe qui révèle, derrière une folie apparente, une humanité torturée. Son amitié avec le jeune Hyun-su (l’étonnant Yim Si-wan) porte le film dans une direction originale, et démontre que Byun Sung-hyun, s’il ne s’est pas complètement libéré des figures imposées du film noir, sait aborder le genre avec un regard frais et prometteur.