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Alors, c’est qui la mal-aimée ? par Amélie Leray

À mi-parcours, petit point sur le cru 2017 d’Un certain regard.

Petit rappel de ce que l’on attend généralement de cette section au si joli nom : Un certain regard, c’est la découverte de talents émergents, d’un cinéma plus original, plus singulier que celui proposé en Compétition officielle (c’est Google qui nous le dit). La réalité est un peu moins poétique. D’après quelques bruits de couloir, il semblerait que la section rassemble des films qui méritent d’être vus, mais jugés trop fragiles pour se confronter à la Compétition, Saint-Graal de la sélection officielle.

Créée en 1978, Un certain regard a pourtant mis sur le devant de la scène Cavalier, Bruni-Tedeschi, Lanthimos, Hansen-Love, Dolan, Guiraudie et bien d’autres. Plutôt pas mal pour une sélection mal aimée. Sous l’oeil du jury présidé par Uma Thurman, le cru 2017 s’ est ouvert avec Barbara, de Mathieu Amalric. On se demande d’abord ce qu’il fait là, lui qui n’est plus émergent depuis bien longtemps. Après avoir découvert la moitié des dix-huit films proposés, on comprend que le film d’Amalric donnait subtilement le ton. BarbaraFortunata, Hadis (Lerd), Mariam (La belle et ma meute)…Un certain regard offre des personnages féminins fascinants et d’une force inouïe, qu’ils soient au premier plan ou non. C’est à se demander si les différentes sélections cannoises ne se sont pas donné le mot (coucou la Quinzaine). Des montagnes du Wyoming à Tokyo, de l’Italie à l’Iran, on voyage à travers des univers cinématographiques déjantés (Avant que nous disparaissions, de Kurosawa), engagés (La belle et la meute, de Kaoutha Ben Hania), et des premiers films particulièrement maîtrisés (Western et le très beau Wind River). Si beaucoup de maladresses sont au rendez-vous, cette nouvelle édition d’Un certain regard satisfait manifestement bien plus les cinéphiles frustrés par la qualité relative des films en Compétition. Alors, c’est qui la mal-aimée ?