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39e édition du Festival International de Films de Femmes de Créteil Les Femmes et le cinéma, plus que jamais

Avant un bilan qui viendra plus tard, c’est-à-dire en son temps, parlons d’un présent dont on prolongera les contours de quelques heures, quelques jours seulement.
Le 10 mars s’ouvrait la 39e édition du Festival International de Films de Femmes de Créteil, deux jours après les tristes marronniers liés à la Journée de la Femme, mornes statistiques et quasi statu quo alarmants, inégalités d’un seul genre et litanies sempiternelles sur la nécessité des quotas et par conséquent des combats.
Pendant ce temps, pour la Cinémathèque française, quelques semaines avant l’ouverture d’une rétrospective dédiée à une femme cinéaste, fait en soi remarquable, Dorothy Arzner (du 22 mars au 9 avril), Philippe Garnier signait un texte de présentation émaillé de préjugés sexistes, pour le moins en contradiction avec son objet, incapable, semble-t-il, de trouver de réelles qualités à celle qu’il était censé valoriser. [1]
Il y a de quoi sortir de ses gonds et à une minuscule encablure de sa quarantième année, on ne tiendrait pas rigueur au festival d’anticiper sa crise (de la quarantaine) ; si l’on regrette de devoir toujours considérer que le cinéma des femmes a besoin d’être défendu si ardemment, regretter que la manifestation doive encore être regardée comme une suite d’actes militants, on peut louer la préscience de sa charte et la constance nécessaire de sa ligne éditoriale sans compromis et un engagement qui n’a jamais failli.

 

Ainsi, il y a cette année plusieurs rendez-vous à ne surtout pas manquer, en parallèle des compétitions, autres programmes et rétrospectives sélectives.
En partenariat avec la Cinémathèque française, justement, une table ronde mettra l’œuvre de Dorothy Arzner à l’honneur : elle se tiendra à la MAC, le vendredi 17 mars à 17 heures. Cette table ronde sera suivie de la projection de L’Inconnue du Palace, un film de 1937 avec Joan Crawford. Cet hommage à ce que l’AFIFF aime à nommer unegrand(e) classique joue donc les avant-premières, précédant la rétrospective du 22 mars.


Danielle Darieux, qui fêtera ses 100 ans le 1er mai, fait également partie de ces chères classiques du cinéma que le festival aura à cœur de citer en lui consacrant une séance spéciale le mercredi 15 mars à 18h30, avant un hommage plus conséquent qui prendra la forme d’une rétrospective au cinéma Grand Action du 29 avril au 1er mai, et avant un colloque international intitulé La Traversée d’un siècle du 3 au 5 mai à l’Université Montaigne de Bordeaux.

D’où vient cet air lointain ?, un titre emprunté à son auteure Yannick Bellon (c’est celui de son prochain film) pour mieux lui rendre hommage, signe un autre partenariat entre le festival et les 3 Luxembourg cette fois. Deux courts-métrages de la réalisatrice, monteuse, scénariste, productrice française seront projetés à Créteil, histoire de nous mettre en bouche avant une rétrospective les 7, 8 et 9 avril.

Enfin, jeudi 16 mars dès 9h30, en lien avec une programmation très riche et joliment nommée Liberté(s) de voir, le festival organise un colloque Femmes, Photographie et Cinéma, la Fabrique du regard, toujours à la MAC.

Nous reviendrons parler des films en compétition cette année. En attendant, qu’on se le dise, le Festival de films de femmes est partout et en avance sur tout !

 

PS:

Lire à ce sujet l’article d’Anne-Laure Pineau pour Libération, http://next.liberation.fr/culture-next/2017/02/24/cinematheque-francaise-une-retrospective-dorothy-arzner-au-parfum-retro-macho_1550588