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Parenthèse estivale 4 : Masters of sex Les Séries 2015 / 2016 à voir avant la rentrée

Si vous avez manqué le début…

Dans la lignée des récentes fictions historiques, Masters of Sex est arrivé à point nommé à l’automne 2013, alors que le modèle Mad Men commençait à s’essouffler dans sa sixième saison et n’allait pas tarder à tirer sa révérence.
Le rapprochement était inévitable puisque les deux séries s’intéressent, à peu de chose près, à la même époque : fin des années cinquante, début des sixties. Dans les deux cas, la reconstitution des décors et des costumes est particulièrement soignée. Détail amusant, chacune joue sur le sens littéral et le sens figuré dans son titre (1). Mais la comparaison s’arrête là : Masters of Sex est une série parfaitement émancipée !

 

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le sexe…

William Masters a osé se le demander. Ce n’est pas une mince affaire, c’est une histoire vraie : en 1957, alors qu’il est gynécologue obstétricien à Saint Louis, Missouri, reconnu pour ses traitements de l’infertilité, le Docteur Masters se pique d’étudier la sexualité, de percer les mystères du plaisir, masculin comme féminin, seul(e) ou à deux.

Il est quasiment le premier à considérer le sujet, alors évidemment tabou, de manière scientifique. Ce n’est donc pas sans mal qu’il entame ses recherches cliniques, à la recherche de « cobayes », prêts à s’équiper d’électrodes ou d’autres objets plus invasifs pour mesurer l’amour physique. De la même façon, la série commence un peu maladroitement, comme si elle cherchait ses mots, le ton juste pour traiter un thème aussi délicat à mettre en images.

Mais dans la fiction comme dans la réalité, l’arrivée de Virginia Johnson pour seconder Masters va donner un tour décisif à l’histoire. Dans la réalité, Virginia ne restera pas longtemps assistante. Sa personnalité, très libre pour son époque, son intelligence et son charisme, son engagement « corps et âme » font d’elle la co-chercheuse idéale : Masters & Johnson sont associés pour la postérité (2). Et dans la fiction, le rôle de Virginia est également loin d’être secondaire.

 

 

 …Et le deuxième sexe

Remarquablement interprété par Lizzy Caplan, le rôle de Virginia Johnson s’étoffe au fil des saisons. Face à un William Masters (Michael Sheen, tout aussi excellent) parfois un peu perdu, voire « coincé », Virginia incarne les débuts de la libération de la femme. Documentée et intelligemment écrite (3), la série peut se regarder comme un passionnant témoignage d’une époque en pleine mutation. Les épisodes prennent le temps de suivre les expériences, les pistes et fausses pistes, les découvertes de nos deux chercheurs en matière de sexualité. Même si le sujet est « brûlant », la mise en scène se défend de tout aspect racoleur, en finesse, elle sait être explicite sans jamais tomber dans le scabreux.

Masters of Sex n’est pas pour autant froidement clinique et garde heureusement un côté « sexy ». La fiction se mêle habilement aux faits réels pour nous mieux nous séduire : la vie privée des deux héros est ainsi quelque peu romancée. Surtout, ils sont entourés de personnages secondaires fictifs qui permettent de multiplier les intrigues, avec la sexualité comme thème commun.

Après trois saisons au cœur des fifties, Masters of Sex s’apprête à faire sa révolution sexuelle : la toute prochaine saison 4 se déroulera à l’aube des années 70. « They’ve found their groove » nous promet le slogan… !


(1) : Mad men joue sur le surnom donné à l’époque aux publicitaires de Madison Avenue et sur le sens littéral, « hommes fous ». Masters of Sex cultive l’ambiguïté du nom du Docteur Masters, qu’on peut aussi comprendre « maîtres ».

(2) : la vulgarisation de leurs recherches, parue en 1966 sous le titre Human sexual response est un best-seller aux Etats-Unis. Bien que traduit dans notre langue, l’ouvrage reste fort méconnu chez nous…

(3) : par une femme ( !) d’après la biographie de Thomas Maier, Masters of Sex : The Life and Times of William Masters and Virginia Johnson, the couple who taught America how to love.


Masters of Sex (2013 – 2016) série américaine créée par Michelle Ashford.

Avec : Michael Sheen, Lizzy Caplan, Caitlin Fitzgerald, Beau Bridges, Emily Kinney…
Saisons 1 à 3, 12 x 42 minutes par saison, disponibles en DVD et Blu-ray (Sony Pictures Home Entertainment).
A suivre : l’ultime saison 4 sera diffusée à partir du 12 septembre 2016 sur OCS City.