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Parenthèse estivale 3 : american horror story Les Séries 2015 / 2016 à voir avant la rentrée

Si vous avez manqué le début…

Coutumiers du gore et pas ennemis de la surenchère, les créateurs de Nip/Tuck proposent depuis 2011 une série inspirée des classiques du cinéma d’horreur et des romans gothiques. Conçue comme une anthologie, avec des saisons indépendantes mais des acteurs récurrents, cette curieuse histoire américaine dérange autant qu’elle séduit.

 

Le freak c’est chic

En cinq saisons, American Horror Story a dressé un bel inventaire de monstres, au sens psychologique ou physique, exposant ainsi avec une jubilation non dissimulée les perversions et les hantises humaines. A chaque saison, ses créatures et son univers sombre : une maison hantée (S1), un asile psychiatrique (S2), un pensionnat pour sorcières (S3), une foire aux monstres (S4), un hôtel peuplés de vampires et de revenants (S5).

Les scénaristes Ryan Murphy et Brad Falchuk jouent avec les codes du genre horrifique : leurs sources sont évidemment les films années 50 de la Hammer (1) ou les séries B des années 70 comme La nuit des morts vivants et L’Exorciste. Les références pullulent et peuvent lasser mais les fans du genre s’amuseront à repérer jusqu’au moindre clin d’œil : ici la musique dePsychose, là un décor digne de Shining, une scène rappelant Rosemary’s Baby.

La mise en scène particulièrement léchée, la lumière glauque et le traitement de l’image, parfois faussement vieillie, plantent des décors angoissants, des lieux dont il semble impossible de s’échapper, comme il est impossible d’échapper à un funeste destin. L’habile parti pris n’est pas de faire ponctuellement sursauter le spectateur, même si la série comporte son lot de cris et de gros plans sanguinolents. Il s’agit, et c’est réussi, d’instiller la peur pour faire durer le malaise / le plaisir !

 

 

Il était cinq fois…

American Horror Story n’est certes pas tout public. Pour celui qui la découvre aujourd’hui, avec le loisir d’en binge-watcher cinq saisons complètes, c’est d’autant plus jouissif que la série ne se regarde pas du même œil saison par saison que dans son ensemble.

Même s’il s’agit de cinq histoires distinctes, il est important de les regarder dans l’ordre car elles semblent peu à peu s’assembler comme un vaste puzzle, une énigme supplémentaire réservée aux assidus. On ne vous en dit pas plus, sinon qu’il faudra parfois un peu de courage : les saisons sont inégales et à part la deuxième, particulièrement réussie, toutes souffrent d’une baisse de régime, d’une narration qui piétine ou se disperse, généralement à mi-parcours.

Singulièrement, c’est le générique qui vient alors redonner envie, parce qu’il est tellement bien fichu qu’il joue presque comme un climax. Toujours la même, la musique très particulière est signée Charlie Clouser, connu notamment pour sa collaboration avec Marilyn Manson. Mais chaque saison possède ses propres images, quasi subliminales, qui prendront elles aussi leur sens au fil des épisodes.
De quoi vous faire passer quelques nuits (blanches) au musée… des horreurs.


(1) : Dans les années 50 à 70, la société britannique Hammer Film a produit nombre de films d’horreur devenus cultes, dont la série des Dracula avec Christopher Lee.


American Horror Story (2011, en production) série américaine créée par Ryan Murphy et Brad Falchuk.

Avec : Jessica Lange, Evan Peters, Sarah Paulson, Lily Rabe, Frances Conroy, Denis O’Hare, Kathy Bates, Angela Bassett, Jamie Brewer, Lady Gaga…

Saison 1 Murder House (2011), 12 épisodes ; Saison 2 Asylum (2012), 13 épisodes ; Saison 3 Coven (2013), 13 épisodes ; Saison 4 Freak Show (2014), 13 épisodes ; Saison 5 Hotel (2015), 12 épisodes.

Saisons 1 à 5 disponibles sur Netflix et en DVD et Blu-Ray (20th Century Fox).
A suivre : la saison 6 commence le 14 septembre 2016 aux USA sur la chaîne FX.