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Episode 12 : Soap qui peut ! Les séries expliquées à mon meilleur ami

Ouvrons la parenthèse estivale autour d’un barbecue, à Southfork. Meilleur ami affiche déjà un air narquois, limite offensé, le même que nous avons tous pris dans les années 80, quand Dallas nous a jeté son or noir au visage. Pourtant, dans l’histoire des séries, c’est une étape marquante. Le passage au feuilleton, d’abord, avec ce fameux « to be continued ». Et le mélange de deux genres jusqu’ici opposés : les séries pour ces dames et les séries pour ces messieurs. Entrons dans la danse.

 

DALLAS
Série américaine, 1978 – 1991. Première diffusion en France : 1981.

Air narquois ou pas, dans les années 80, personne n’a échappé aux affres de la famille Ewing. Qu’on regarde la série ou non, il était impossible d’ignorer ces texans et leur « univers impitoyable » tant ils débordaient de nos petits écrans sur toutes les Unes de magazines. On a vite fait d’appeler ça un « phénomène de société » mais avec le recul, c’est un peu plus modeste que ça : les chaines françaises commencent alors à se soucier de leurs audiences et à acheter des programmes qui ont fait leurs preuves outre-Atlantique.

Elles n’ont pas tort car il s’agit de programmes novateurs. Aux Etats-Unis, on est un peu en avance sur la multiplication des chaînes, la concurrence et la vente d’espaces publicitaires. Alors on a inventé le « night-time soap » : des fictions hebdomadaires dont les épisodes se suivent et se terminent toujours sur une fin ouverte, un « cliffhanger » qui maintient le téléspectateur en haleine jusqu’au prochain. Le plus bel exemple de cliffhanger est précisément un épisode de Dallas, qui clôt la saison 3 et laisse le public pendant des semaines avec cette terrible question existentielle : « qui a tiré sur JR ? ».

Même David Lynch y fera allusion dans son cliffhanger « qui a tiré sur l’agent Cooper », à la fin de la saison 1 de Twin Peaks !


To be continued : Dallas s’est offert un retour (im)pitoyable de 3 saisons (2012-2014).
DVD / Pas de Blu-ray : Saisons 1 à 7 disponibles chez Warner Home Video. Les saisons 8 à 14 ne sont pas disponibles en France.

 

DYNASTIE
Série américaine, 1981 – 1989. Première diffusion en France : 1983.

 

Tandis que Dallas était diffusé sur CBS (une chaîne américaine historique) et chez nous sur TF1, la contre-attaque arriva logiquement trois ans plus tard d’ABC (une autre chaîne américaine historique) pour débarquer sur FR3. Logiquement, Dynastie c’est Dallas version XXL : on reprend les thèmes chers au night-time soap, l’argent, le pouvoir et le sexe mais on fait dans les grandes largeurs. On est plus riche, plus vénal, plus infâme, plus vicieux, limite incestueux…

L’écriture et la production de Dynastie ont été confiées à Richard et Esther Shapiro + Aaron Speeling = les noms que Meilleur ami et moi avons vus aux génériques de tant de séries américaines diffusées en France à cette époque et lors de la décennie suivante ! (Notamment La croisière s’amuse, Drôles de dames, Starsky et Hutch, Beverly Hills, Melrose Place…)

Les puristes, s’il en existe pour le genre, diront à Meilleur ami qu’un Dallas vaut mieux que deux Dynastie. C’est vrai que le pionnier texan, un peu mieux écrit et mis en scène, vieillit mieux que son rival du Colorado. Mais les deux séries témoignent d’une même époque, qu’on ne qualifiait pas encore de bling-bling. Toutes deux sont nées dans une Amérique 80’s néo-conservatrice, repliée sur elle-même et ses valeurs refuges, la famille, évidemment, et surtout la réussite décomplexée dans le business du pétrole.


To be continued : Dynastie s’est offert un désastreux spin-off, Dynastie 2 : Les Colby (1985 – 1987).
DVD / Pas de Blu-ray : les 9 saisons sont disponibles chez Paramount.