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Parenthèse estivale 2 : Narcos Les Séries 2015 / 2016 à voir avant la rentrée

Si vous avez manqué le début…

C’est une histoire vraie, qui a fasciné nombre de biographes, d’auteurs et de cinéastes : la vie de Pablo Escobar, un des plus gros narcotrafiquants de Colombie, à la tête du fameux Cartel de Medellin, dans les années 80.

Produite par Netflix en 2015, Narcos retrace pas-à-pas l’incroyable ascension d’Escobar, d’abord petit contrebandier et bientôt baron de la cocaïne, richissime, influent, ambitieux, à la tête d’une organisation violente capable de déstabiliser le pays.

 

Pas de poudre aux yeux

Avec ces ingrédients, on pouvait craindre une énième fiction de gangsters, donnant dans la caricature et la surenchère de pan ! pan !, une pâle copie du modèle Scarface. Heureusement, les créateurs de la série ont fait des choix plus subtils, à commencer par une mise en scène sobre, efficace mais sans frime, qui rend la violence d’autant plus pernicieuse, encore plus écœurante.

En racontant la traque d’Escobar du point de vue d’un flic américain de la DEA (1), les scénaristes évitent aussi les potentiels travers d’un biopic dangereusement empathique, au profit d’un récit historique. Le contexte politique et géopolitique des années Reagan est soigneusement rappelé, l’introduction d’images d’archive authentifie le propos sans devenir indigeste ni ralentir l’action.

Et de l’action, il y en a évidemment, du suspens aussi, étonnamment : d’habiles cliffhangers rythment les épisodes et fonctionnent pleinement, même si l’on connaît déjà l’histoire, elle se prête aisément à un traitement romanesque.

 

Du réalisme magique

Narcos est une série ambitieuse et elle tient fort bien ses engagements de reconstitution historique : les scénaristes se sont documentés en amont, notamment auprès des vrais flics de la DEA, le tournage a eu lieu en Colombie, les dialogues des locaux sont en espagnol (même dans la VO américaine), servis par d’excellents acteurs, dont l’impressionnant Wagner Moura en Pablo Escobar.

De là à nous servir en préambule une définition du « réalisme magique », un terme emprunté à la critique littéraire pour qualifier l’introduction d’éléments étranges dans un contexte parfaitement réaliste, c’est un peu exagéré. Surtout quand on saisit l’allusion au maître du réalisme magique, un autre colombien, Gabriel Garcia Marquez. Si Narcos fait le job, restons modestes, évitons de franchir… la ligne blanche.


(1) : Drug Enforcement Administration, service du Département de la Justice des Etats-Unis, créé en 1973 et chargé de la lutte contre le trafic de stupéfiants.


Narcos (2015, en production) série américaine créée par Chris Brancato, Eric Newman et Carlo Bernard.

Avec : Wagner Moura, Boyd Holbrook, Pedro Pascal, Joanna Christie, Juan Pablo Raba, Stephanie Sigman…
Saison 1, 10 x 52 minutes, disponible sur Netflix et en DVD et Blu-Ray (Gaumont).
A suivre : la saison 2 démarre le 2 septembre 2016 sur Netflix.