Rechercher du contenu

The ballad of Noa and Thomas Sortie DVD de "Someone you Love" de Pernille Fischer Christensen

Thomas Jacob, chanteur de rock reconnu résidant à Los Angeles, retourne au Danemark pour enregistrer son nouvel album. Il y retrouve sa fille, sans aucun enthousiasme, et Noa, le garçon de celle-ci, qu’il va devoir garder quelques jours tout en travaillant sur son disque.

Someone you love est à la fois le titre international traduit mot à mot de En du elsker et celui, plein de sens, d’une chanson de Thomas Jacob, le personnage principal du quatrième long métrage de la réalisatrice danoise Pernille Fischer Christensen. La chronique familiale soumise à un courant mélodramatique est ainsi, au départ, le portrait d’un rockeur âgé et revenu de tout mais encore créatif. Pour bâtir une fiction aux accents réalistes sur un tel personnage, il faut être sûr de deux choses. Tout d’abord que l’acteur choisi soit crédible dans les habits de rock star. Mikael Persbrandt l’est. Il a l’allure et la voix, fatiguée mais juste, ce qui est remarquable pour quelqu’un qui, apparemment, n’avait jamais chanté auparavant. Ensuite, pour le bien des oreilles du spectateur, il faut que la musique soit suffisamment bonne. Elle l’est. Ce Thomas Jacob inventé pour l’écran est heureusement beaucoup plus proche de Leonard Cohen que de Johnny Hallyday.
L’histoire est celle du retour d’un homme vers ses racines, un homme ayant connu tous les excès du mode de vie Rock’n’roll et, étant miraculeusement passé entre les gouttes, devenu beaucoup plus sage avec le temps tout en cultivant une solitude désabusée. La trame n’est donc pas des plus neuves et les clichés, ou leur ombre puisque la plupart proviennent du passé du personnage, ne sont pas évités. Ils sont toutefois traités en douceur, l’ambiance nordique jouant énormément pour entretenir un léger retrait. L’image du feu sous la glace semble convenir pour ce film hivernal qui préfère observer calmement les personnages : la retenue dont fait preuve Thomas, laissant parfois percer une pointe de mépris, n’empêche pas de percevoir ses tourments et ses démons intérieurs, et ses chansons doivent selon lui posséder un sens plus profond sous leur apparence agréable. De même, sur un plan plus général, on observe la mise en place, sous le tapis déroulé de la chronique au quotidien, d’une structure narrative obéissant aux règles du mélodrame.
Ne comptant que sur sa productrice et plus encore sur sa manager, Thomas Jacob est un artiste qui a sciemment coupé les liens familiaux. Le retour au pays auquel il a consenti va lui permettre de les retisser, en sautant par dessus une génération et en se rapprochant de son petit-fils Noa. Le chemin qu’il va parcourir passe par des stations connues mais Pernille Fischer Christensen parvient à nous y faire accéder quasiment à chaque fois comme par surprise. Les pics dramatiques et émotionnels ne sont pas annoncés avec tambours et trompettes. Bercés par les guitares, nous ne nous attendons pas forcément à les voir arriver. La mise en scène de la cinéaste n’a rien de révolutionnaire, d’excessif ou même de tranchant, mais s’intéressant avant tout aux acteurs (y compris par leur intégration aux paysages) elle fait preuve de sobriété et d’une certaine élégance. Si l’on repère des clichés liés au mélo ou au rock, on voit tout aussi bien ce qui nous est épargné. Pour la représentation du métier de musicien par exemple, le sérieux et la justesse sont de mise, Pernille Fischer Christensen ayant eu les bonnes idées de réduire au maximum les intervenants, de préférer le retrait en studio aux exhibitions de concerts et de laisser le temps nécessaire aux séquences musicales, évitant ainsi l’effet clip (la présence de la musique sur la bande son est presque toujours justifiée à l’écran par ce que font les personnages, tout juste déborde-t-elle parfois d’une séquence à une autre, se transformant alors en véritable « musique de film »). Someone you love possède autant de scènes véhiculant une émotion simple (difficile de rester insensible devant certains échanges de regard entre grand-père et petit-fils) que de petites facilités de scénario mais après tout, les chansons de Leonard Cohen ont elles aussi leurs ficelles et leurs chœurs féminins appuyés.

 

Someone you Love
En du elsker
de Pernille Fischer Christensen

Avec : Mikael Persbrandt, Trine Dyrholm, Eve Best, Birgitte Hjort Sørensen, Sofus Rønnov, Lourdes Faberes

Danemark, Suède, 2014.
Durée : 95 min
Sortie cinéma (France) : 21 janvier 2015
Sortie France du DVD : 9 juillet 2015
Format : 2,35 – Couleur – Son : Dolby Digital 5.1. et 2.0.
Langues : danois, français – Sous-titres : français.
Boîtier : Digipack
Prix public conseillé : 14,90 €
Éditeur : Blaq Out

Bonus :
Bande-annonce