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Comédie de garage des années 1930 Sortie DVD du "Bidon d’or" de Christian-Jaque

Poursuivi par la police, Boulot, camelot de son état, trouve refuge dans le garage Michelon. Rapidement embauché, il séduit les clientes, observe la guéguerre engagée avec l’établissement d’en face et, jouant de sa ressemblance avec un célèbre pilote, parvient à participer à la course automobile du Bidon d’or.

Si le Bidon d’or est une course de voitures, Le Bidon d’or n’est pas vraiment une comédie automobile comme on pourrait s’y attendre mais plutôt une comédie de garage puisque c’est essentiellement dans un tel lieu sentant bon les gaz d’échappement que se déroule l’intrigue, entre prologue et épilogue et juste avant la compétition pétaradante promise, en une économie narrative caractéristique des films de cette époque. L’œuvre a quatre-vingt ans passés et elle fait son âge. Il faut dire qu’elle est tirée par les Editions LCJ de ces temps difficiles du passage du muet au parlant où la remise en cause des pratiques et des esthétiques ne pouvait se faire sans obstacles.
Le héros, Boulot, est un gars du peuple, affable et plein de bagout. Il est incarné par Raymond Cordy, fraîchement promu vedette par deux fameux films de René Clair (Le Million, 1930, et À nous la liberté, 1931), acteur affichant sa simplicité, sa bonne humeur et son bon sens. De toutes les scènes ou presque, il forme notamment un duo comique avec Pierre Dac, alors au tout début de sa carrière d’humoriste mais déjà adepte, dans ce rôle de mécanicien loufoque, de formules amusantes et de chansons. L’arrivée de Boulot dans le garage provoque une série de mini-catastrophes et de discussions animées teintées d’absurde bon enfant. Dans ce petit théâtre, la veine comique est populiste : on brocarde les sénateurs en une formule bien tournée, on s’effraie ou on rit du seul mécano noir de l’atelier, on se moque des us et coutumes des grands patrons (mais la fortune peut aussi bien aider au final)…
Le Bidon d’or est signé par Christian-Jaque. Pour la première fois au volant d’un long métrage, le futur réalisateur très populaire des Disparus de Saint-Agil et de plus de soixante-dix autres films a eu le mérite de tenter de contourner à quelques occasions la lourdeur technique imposée par les conditions de tournage du début de parlant. Certes, de nombreuses séquences ne se débarrassent pas de leur rigidité et ne dépassent pas le statut de simple mise en images d’un long dialogue mais des efforts se remarquent. Christian-Jaque tourne plusieurs scènes dans les rues, s’essaie parfois à un montage rapide ou à des compositions de cadre plus poussées, place entre deux échanges verbaux des gags visuels et burlesques à base d’huile de moteur changeant la couleur de peau et de portières cognant les têtes. De même, la course automobile est réalisée de manière enlevée sinon cohérente. Il faut tout de même ne pas être trop regardant et essayer de retrouver le regard innocent des spectateurs de l’époque pour goûter un minimum cette comédie couleur cambouis dans laquelle les raccords entre plans larges et plans rapprochés oublient toute rigueur élémentaire (Où est passée la pipe ? Mais combien sont-ils dans le bolide ?). Plus rédhibitoire, assurément, est la faiblesse d’un scénario troué, négligeant notamment la question pourtant potentiellement fertile du double et ne s’embarrassant nullement d’explications dans l’enchaînement des péripéties. Les enfants et les centenaires se rappelant encore leur jeunesse peuvent apprécier.

 

Le Bidon d’or
de Christian-Jaque

Avec : Simone Bourday, Pierre Dac, Marc Dantzer, Thérèse Kolb, Raymond Cordy, Nicole Martel, Jean Kolb

France, 1932.
Durée : 99 min
Sortie France du DVD : 3 juillet 2015
Format : 1,33 – Noir & Blanc – Son : 2.0. et mono
Langue : français.
Boîtier : Keep Case
Prix public conseillé : 12,90 €
Éditeur : LCJ Éditions
Collection : Les Films du Patrimoine