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APPALOOSA de Ed Harris L’un des plus beaux gunfights de l’histoire du western

Cette fois, il y a un petit quiz en bonus : dans chaque épisode, la ou les séquences analysées sont incrustées dans un écran d’un autre film, ou d’une autre série. Le premier qui en trouve le titre gagne 3 mois d’abonnement aux Fiches du Cinéma !
Réponses à adresser à lebonplanlemission@gmail.com. Vous pouvez également continuer à m’envoyer vos idées de Bon Plan pour un prochain épisode bonus, à la même adresse.

On regarde aujourd’hui l’une des plus belles fusillades de l’histoire du cinéma, dans Appaloosa, réalisé en 2008 par Ed Harris. Attention, ça va vite !

16 coups de feu en vingt secondes, dont sept qui touchent leur cible : trois balles pour Ed Harris, une pour Viggo Mortensen et une pour chacun des trois bandits tués. Rarement une scène d’action aura été aussi réussie. Le montage parvient à retranscrire la rapidité des échanges de coups de feu, tout en restant compréhensible, ce qui est bien sûr une gageure puisque, le temps de voir un coup de feu tiré depuis un revolver, la balle est déjà arrivée à son destinataire, alors qu’il nous faut, nous spectateurs, attendre le contre-champ pour voir l’impact.

De même, les premiers coups de feu entre Ed Harris et son adversaire et entre Viggo Mortensen et le sien ont lieu simultanément, et non l’un après l’autre. Or, à l’image, à moins d’utiliser une surimpression ou un split-screen, la simultanéité n’existe pas : on voit ainsi, de façon alternée, les échanges de coups de feu donnés par l’un et l’autre des héros. Le réalisateur se focalise d’abord sur Ed Harris avant de nous montrer Viggo Mortensen, mais la rapidité du montage, et surtout l’usage de ce plan, qui les montre tous les deux ensemble à l’image, donnent l’illusion de la simultanéité. Plus rapide, la scène aurait été illisible, car notre cerveau n’aurait pas eu le temps d’intégrer les informations. Plus lente, elle aurait semblé irréaliste. Le montage parfait, celui qui se peaufine à l’image près, est celui qui permet de comprendre la scène sans avoir à réfléchir.

Pourtant, lorsqu’on s’on penche en détail sur la scène, on trouve quelques incohérences visuelles, regardez :

 L’homme en haut à gauche tire son premier coup de feu sans même s’être mis en joue.
 Ed Harris prend deux fois la balle dans la jambe : une fois ici, ou la poche de sang semble n’avoir pas fonctionné, et une fois ici, où l’impact est cette fois plus visible.
 Enfin ici, l’homme est touché avant que le coup de feu tiré par Ed Harris ne l’atteigne… puisque celui-ci le tire ici, dans le plan d’après.

Mais ces erreurs sont invisibles à vitesse réelle, grâce à un montage tellement juste et précis qu’il rattrape même les petites imprécisions de coordination des comédiens lors du tournage.