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Episode 6 : true detective Les séries expliquées à mon meilleur ami

« I’d consider myself a realist. But in philosophical terms, I’m what’s called a pessimist… » Rustin Cohle

 

Si vous avez manqué le début…

Après l’été, je retrouve Meilleur ami avec la même et banale interrogation que la mienne : les amours de vacances passeront-elles l’épreuve de la rentrée ? Si j’en juge par ma printanière passion pour Matthew Mc Conaughey, qui m’amena notamment à visionner deux fois True Detective ces dernières semaines, je dirais volontiers que oui. Ainsi, parfois, le cinéma amène aux séries, et une série (me) fait tout un cinéma…

 

L’homme qui en savait trop

Meilleur ami admet désormais que les séries, c’est vraiment bien, mais c’est aussi quelquefois très long. La ou les saisons (1) de trop, il les sait aussi bien que moi. Or, la télé réinvente maintenant ce qu’elle appelait négligemment naguère une « mini-série », sous le terme plus classieux « d’anthologie ». True detective est de celles-là : huit épisodes, seulement, mais huit épisodes de cinquante-cinq minutes pour boucler vraiment la boucle.


Une boucle joliment sinueuse, qui serpente dans un bayou de Louisiane, entre deux détectives et trois décennies. En 1995, Rustin Cohle et Martin Hart suivent la piste d’un tueur en série qui met en scène ses meurtres comme son propre évangile. En 2002, l’affaire semble résolue et les chemins des deux détectives se séparent. En 2012, les deux mêmes, retirés de la police, sont interrogés face caméra par de nouveaux enquêteurs, aux prises avec un tueur qui ressemble étrangement à celui de 1995…

 

L’ombre d’un doute

Meilleur ami fronce les sourcils. Je voudrais qu’il ne s’y trompe pas : ici, peu importe l’enquête, pourvu qu’on ait l’ivraie. Ce qui se joue, et se joue si bien, ce n’est pas un énième scénario sordide et compliqué entre mythes et moustiques (2). C’est l’histoire de deux mecs, incarnés par deux brillants acteurs, qui dialoguent et s’opposent comme au théâtre, dans un décor poisseux de polar littéraire, le tout monté / montré subtilement comme au cinéma. Dire que « ça vaut le détour », ça ferait une belle conclusion, mais ça serait encore peu dire…


(1) : Une « saison » correspond à un ensemble d’épisodes inédits diffusés sur quelques mois, en général de septembre à juin. Mais cette définition tend précisément à devenir obsolète…
(2) : Sinon, il suffirait de regarder Dexter – une série qu’il faut néanmoins avoir vue !


Style genre
Twin Peaks (David Lynch, 1992) ; Les Rivières pourpres (Mathieu Kassovitz, 2000) ; Zodiac (David Fincher, 2007).
Site officiel
http://www.hbo.com/true-detective
DVD / Blu-ray
Saison 1 disponible en intégralité (HBO Studios).