Rechercher du contenu

Introduction à la cosmogonie

Le 21 juillet 1969, pour la toute première fois, un homme marche sur la Lune. C’est Neil Armstrong, le commandant d’Apollo 11. Il est accompagné de Buzz Aldrin, le pilote du module lunaire, et de Mike Collins, celui du module de commande. Que l’on ait déjà vu ou non des images d’Armstrong posant ses bottes sur la Lune, tout le monde connaît sa déclaration : “Un petit pas pour un homme, un grand pas pour l’humanité”. En revanche, jusqu’à ce qu’une copie en 35 mm de Moonwalk One soit retrouvée par un groupe de cinéastes en 2007, puis restaurée pour sortir aux États-Unis, à l’occasion du quarantième anniversaire de l’événement, le grand public ignorait les détails de cette conquête spatiale. Construit autour de l’idée du progrès technologique et humain, ce documentaire, tourné entre 1969 et 1970 et réalisé par Theo Kamecke, révèle, informe, questionne. Par le choix des images, du montage, des commentaires et de la musique, il cultive une atmosphère mystérieuse, presque mystique, qui accentue l’aspect extraordinaire de cette épopée et qui, 45 ans plus tard, la rend d’autant plus fascinante, spectaculaire et, par certains aspects, amusante, voire déjà dépassée. Documentaire historique, empreinte visuelle et audio placée au cœur du contexte mondial de l’époque, le film montre, à la veille de l’alunissage, des images d’Afrique, d’Europe et d’Amérique, de personnes continuant leur vie habituelle. Puis, la foule venue assister au décollage de la fusée à Cap Canaveral, des hordes de Combi Wolkswagen, et quelques scènes de la vie nocturne, comme sorties, c’est selon, d’un Cassavetes ou de Woodstock – pas de doute, nous sommes bien en 1969. Si l’on peut aujourd’hui critiquer le manque de clarté des explications techniques et certains choix de montage ; si l’on aurait aimé en savoir plus sur les astronautes, et si la lassitude nous gagne parfois devant de longs plans-séquences, on s’émerveille en revanche devant des scènes oniriques d’une beauté hallucinante, et l’on s’amuse des extraits de Flash Gordon, ou de la vidéo de Robert Goddard, le pionnier américain qui envoya la première fusée combustible en 1926. On se passionne aussi pour les documents authentiques révélés par Kamecke : images prises par des caméras scientifiques, conversations entre la Nasa et les astronautes… Le tout confère de la proximité, quand Armstrong s’étonne, par exemple, de constater que l’échelle est trop courte parce que le module ne s’est pas enfoncé autant que prévu ! mais a surtout des effets spectaculaires. La scène la plus impressionnante est sans aucun doute celle du décollage, les images provenant des 240 caméras placées autour de la fusée qui visaient à servir en cas de problème. Apollo 11, c’est 500 000 personnes préparant dix ans durant un exploit qui, en tout et pour tout, dura 196 heures. Des 3000 tonnes de fusée, il ne reste que le module de commande Columbia et des déchets. À une femme qui s’indigne devant tant de gâchis, le documentaire répond qu’il a fallu, pour recréer les conditions de la vie terrestre dans un module, des années d’étude de l’homme, d’expérimentation, et que les astronautes ont rapporté des prélèvements qui firent avancer la cosmogonie. La mission est allée dans le sens de l’avancée technologique et scientifique, et constitue pour nous une empreinte fascinante.