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Annecy 2014 : bienvenue dans l’âge adulte ?

Avant de se demander si l’édition 2014 du Festival international du film d’animation d’Annecy peut être saluée comme celle d’une entrée retentissante, dans l’âge adulte, du cinéma d’animation, tant dans la forme – un vrai désir de se détourner, au niveau narratif et graphique, de la tentation de la puérilité – que dans le fond – questionner ce même “devenir adulte” – il convient de s’attarder, en ce début d’article, sur les choses qui fâchent. Ou, pour être plus exact, sur la chose qui fâche (vraiment) car elle est la preuve, ni plus ni moins, du mépris – hier insidieux, aujourd’hui affiché – que doit subir la création artistique, de la part de certains de ceux qui, sans complexe, prospèrent sur son dos.

Comme tout festival d’envergure, Annecy propose une programmation riche et variée, faite de sélections compétitives, de rétrospectives thématiques, d’avant-premières et de séances événements – au final, un total de plus de 70 programmes, sans compter les séances en plein air. Pour exprimer la juste mesure de leurs ambitions et satisfaire les ardeurs cinéphiles du public, les organisateurs du Festival se doivent donc de développer les lieux de projection, au-delà de leurs infrastructures spécifiques, et se rapprocher aussi bien des salles indépendantes ou municipales de la périphérie (MJC Novel, La Turbine) que du multiplexe du centre-ville (Le Décavision). Et c’est là, dans cette alliance de la carpe et du lapin, que les choses se gâtent.
En effet, depuis quelques années, la première séance du Festival – celle du lundi matin, à 10 heures 30, dans les salles du Décavision – est devenue l’objet, légitime, de toutes les craintes, aussi bien pour les spectateurs que pour les réalisateurs des films projetés, particulièrement lorsqu’il s’agit d’un programme de courts métrages. Dans ce multiplexe, appartenant au réseau “Gaumont-Pathé (1)” et habituellement dévolu au blockbuster hollywoodien et à la comédie hexagonale, le cinéma d’auteur n’est pas la priorité et cette projection tourne souvent à la catastrophe, avec, à titre d’exemple, des films présentés sans bande-son ou avec les lumières de la salle laissées allumées. Cette année, il faut bien le reconnaître, le summum a été atteint, car, non contents de se cantonner à cette première séance, les problèmes techniques ont proliféré sur plusieurs jours, provoquant l’exaspération des festivaliers et, sans aucun doute, l’accablement des organisateurs.
Deux exemples… Pour sa première édition compétitive, la sélection expérimentale “courts métrages off-limits” connut, en introduction, la joie de la pénombre – Marcel Jean, le délégué artistique du Festival, et les réalisateurs présents en avant-scène, devenant d’intrigantes ombres chinoises – et le délice du silence, avec la projection sans musique de l’antépénultième film du programme, le É in Motion No. 2, fascinante installation à 360° du Japonais Sumito Sakakibara. De son côté, le documentaire brésilien, Silence, moteur, animation ! – un long métrage, pourtant – ne fut guère plus à la fête : lors de sa présentation (dans la pénombre comme il se doit), le producteur du film se vit interrompre dans son discours par le lancement intempestif de son propre film et les spectateurs durent subir un assaut de décibels, dû à l’absence de contrôle du volume sonore. Tout rentra, après un certain temps, dans l’ordre, et les cinéphiles, enfin apaisés, purent suivre les pas d’Álvaro Marins, auteur, en 1917, du premier film d’animation brésilien, O Kaiser, satire mettant en scène Guillaume II de Prusse.
On pourrait, à l’envi, citer d’autres exemples, comme celui de ce long métrage, arrêté au bout de 45 minutes de projection pour cause de problème technique, relancé ensuite depuis le début, mais dont les spectateurs ne virent jamais la fin, puisque le DCP (2) bloqua, de nouveau, à la 45e minute ! Mais, au-delà de cette énumération absurde, qui peut finir par prêter à rire – nerveusement, certes – que faut-il pointer, ici, du doigt ? Ni plus, ni moins, que ce passage au numérique, mené au pas de charge par les grands circuits d’exploitation français (Gaumont-Pathé – ici, incriminé -, UGC, CGR et, dans une moindre mesure, MK2). Cette volonté d’asseoir une suprématie commerciale sur le marché intérieur s’est, en effet, mise en place, en négligeant, sur le plan technique, les réglages minutieux des installations numériques – soumises à la même logique d’obsolescence accélérée que tout matériel informatique – et en réduisant, sur le plan humain, au strict minimum, plans de formation et nombre de projectionnistes par cinéma. Au Décavision, un projectionniste est désormais responsable de deux salles et, si lancer quasi simultanément deux longs métrages reste, tout au long de l’année, envisageable pour une seule personne ; cette configuration devient périlleuse, dans le cadre d’une manifestation d’envergure, où il peut s’agir de passer d’une cabine à l’autre, de manière incessante, pour lancer des courts métrages (aux durées variables), tout en gérant des mises au point techniques – de plus en plus régulièrement faites à la vue du public, en cours de séance. Seule alternative, donc, pour les prochaines éditions : renforcer les équipes du Décavision pendant la semaine du Festival, et dédier ainsi un projectionniste à une salle. Mais cette initiative, on s’en doute, ne pourra venir que des organisateurs du Festival, soucieux – on le sait – du respect des auteurs et des œuvres, des spectateurs et des salariés. Une attitude vertueuse, que les “vendeurs de pop-corn” semblent, aujourd’hui, bien loin de considérer !

Le Conte de la Princesse Kaguya, de Isao Takahata (Studio Ghibli)

Après cet élan positif – dans la contestation – sans doute inattendu, pour certains, de la part d’un critique de cinéma (3) (!), revenons-en aux films et à leurs auteurs et attachons-nous à voir en quoi la sélection 2014, côté courts et longs métrages, œuvre – ou pas – à un passage à l’âge adulte du cinéma d’animation.
Même si ma vision sera tronquée pour les longs métrages (en ayant vu fort peu cette année), force est, cependant, de constater que, sur le papier, cette sélection, en compétition ou hors compétition, faisait la part belle à l’approche documentaire par rapport aux sujets abordés. Certes, la tendance n’est pas nouvelle ; mais présenter, aux festivaliers, Le Voyage de Monsieur Crulic, en 2012, ou Valse avec Bachir (film événement de l’approche), en 2008, relevait encore de l’exception de programmation, alors que, cette année, les cinéastes, sensibles à l’agitation du monde, s’invitaient en nombre et pointaient, ici les failles du système judiciaire américain (Truth has fallen, de Sheila Sofian), là l’existence violente d’un pirate somalien (Last Hijack, de Femke Wolting et Tommy Pallotta), ailleurs encore les origines de la révolution égyptienne (Vagues, d’Ahmed Nour) (4). Signe de maturité, donc ? Peut-être. En tout cas, volonté affirmée de la part de réalisateurs de s’emparer, de plus en plus régulièrement, de l’animation, pour dire l’époque actuelle, en se détournant de la candeur poétique ou de l’ironie cartoonesque, codes narratifs usuels et éculés du cinéma image par image. Cependant, il faut le reconnaître, ce sont deux œuvres de fiction – que l’on pourra porter au rang de chef-d’œuvre – qui affirment, dans cette édition, le passage – devrait-on dire, plutôt, le retour – du monde de l’animation à l’âge adulte, quel que soit le public ciblé : Le Conte de la Princesse Kaguya, d’Isao Takahata (présenté en cérémonie d’ouverture et distingué par un Cristal d’honneur), et Le Garçon et le monde, d’Alê Abreu (révélé en compétition et récompensé par un Cristal du long métrage).
Inspiré du plus ancien récit de la littérature japonaise (Le Conte du coupeur de bambous), le film d’Isao Takahata (5) accompagne la vie d’un vieux couple, sans enfant, travaillant dans la forêt et découvrant, un jour, par miracle, un bébé, dans le tronc étrangement lumineux d’une pousse de bambou. Soucieux de la réussite de leur enfant, devenue une jolie jeune fille, le couple quitte la campagne, pour la ville, afin de parfaire l’éducation de l’adolescente et de la préparer au bonheur suprême : le mariage avec un haut dignitaire. Mais, au milieu des codes de conduite de la riche société, Kaguya ne fera que l’apprentissage de la multiplication des interdits (ne pas rire, ne pas courir) et sombrera dans une mélancolie, que ses origines mystérieuses ne feront que raviver. Vivant en vase clos, la princesse se résignera à attendre d’être rappelée à sa vie première, celle d’avant sa naissance terrestre. Sublimé par un rendu fusain (personnages) et aquarelle (décors), Le Conte de la Princesse Kaguya affirme, dans une vibrante contradiction, qu’un récit de film d’animation peut se prévaloir, sans complexe, d’une narration “adulte” – oser une durée fleuve (2 heures 17), ne pas éluder la concupiscence des mâles (le portrait, entre autres, de l’Empereur) ou le désespoir de l’héroïne (notamment, à travers une éprouvante scène de fuite éperdue) – et faire l’éloge d’un monde de l’enfance, insouciant et joyeux, où les rencontres sont sensibles (la camaraderie immédiate entre Kaguya et Sutemaru) et les apprentissages riches de tendresse et de drôlerie (les premiers pas de Kaguya, bébé).
C’est dans ce bel écart, entre enfance et monde adulte, entre forme et fond, que s’inscrit également le deuxième long métrage d’Alê Abreu (6), Le garçon et le monde. Si le Cristal remis, l’année dernière, au film, Rio 2096 : une histoire d’amour et de furie, de Luiz Bolognesi, avait marqué le retour d’un cinéma d’animation brésilien ambitieux, mais à l’inspiration corsetée par les canons narratifs hollywoodiens ; cette édition 2014 salue une production paulista (7), artisanale et libre, inventive et colorée. Odyssée d’un petit garçon, désireux de retrouver son père, parti travailler à la ville, et découvrant un monde industrieux, où cités de luxe volantes et ouvriers aux regards sans vie se côtoient sans jamais se rencontrer, Le Garçon et le monde se revendique comme un film “jeune public (8)”, mais sans affadissement du propos, ni soumission aux conventions visuelles en usage. Ici, le jeune spectateur peut s’émerveiller, grâce à la magie d’une animation aux techniques variées : crayons de couleur et collages de journaux se télescopent, blanc d’une page vierge et couleurs saturées se succèdent. Ici, encore, le jeune spectateur peut se confronter aux contradictions du monde et passer de la noirceur d’un défilé militaire à l’euphorie multicolore d’une parade musicale. Ici, toujours, le jeune spectateur peut goûter le frisson du monde des adultes, sans couper ses liens avec celui de l’enfance. Alê Abreu – et, avant lui, Benjamin Renner, avec Ernest et Célestine – prouve, ainsi, que le cinéma pour enfants n’est en rien un cinéma enfantin, dès lors qu’il refuse l’infantilisation de l’œuvre et s’appuie sur son atout majeur, pour y parvenir : ouvrir le récit à la mélancolie.

Lenfant et le monde, dAle Abreu (Filme de Papel)

Ma Moulton et moi, de Torill Kove (Mikrofilm AS / Office National du Film)

Evoquons maintenant cette tentation de l’âge adulte côté “courts métrages”, et plus particulièrement au niveau des films en compétition, toujours davantage soumis – l’enjeu des palmarès – à la lumière des projecteurs. Tout d’abord, il convient de constater que cette édition nous offrit quelques œuvres sensibles sur l’enfance. La Norvégienne, Torill Kove (9), nous plongea ainsi, avec humour et tendresse, dans une évocation de sa propre enfance, au cœur des années 60, dans la ville de Hamar. Dans un film aux influences graphiques héritées de la ligne claire d’Hergé et du cubisme coloré de Mondrian, Ma Moulton et moi raconte comment le désir de normalité d’une petite fille est contrarié par la folie douce de parents non-conformistes, et comment la demande d’acquérir un vélo se transforme en découverte d’une bicyclette, la fameuse Moulton (10), au design peu conventionnel et aux roues minuscules. Sous les yeux médusés de leurs trois filles, les parents restent, ici, de charmants grands enfants ! Plus sombre, en revanche, le film des Québécois Nicola Lemay et Janice Nadeau, Nul poisson où aller, s’attache, finalement, à la perte de cette insouciance, chère à l’enfance. Ainsi, sous couvert d’une animation à l’aquarelle, dont la douceur est, peu à peu, altérée par des éclaboussures et des salissures, les auteurs dépeignent-ils l’irrémédiable séparation de deux jeunes amies, dans une communauté cédant à l’appel de sirènes haineuses, celles du totalitarisme politique et de l’épuration ethnique. Ce bref aperçu des films sur l’enfance ne saurait, cependant, être complet, s’il oubliait de mentionner les touchantes réalisations de l’Iranienne Maryam Kashkoolinia, When I was a Child – animation en sable sur verre, évoquant les terreurs enfantines – et du Français Eric Montchaud, La Petite Casserole d’Anatole – film de marionnettes, décrivant un petit garçon, dont l’existence est empoisonnée par une casserole qu’il traîne, sens propre et figuré, partout derrière lui.
Curieusement, pourtant, les courts métrages, dans lesquels le sentiment d’enfance aura été le plus présent, furent deux films expérimentaux, joyeux et débridés, spontanés et vivifiants, affranchis des impératifs de narration et des contraintes de production. Dignes successeurs de Norman McLaren (11), Mirai Mizue et Steven Woloshen invitèrent le public à un bain de jouvence, avec leurs films, Wonder et 1000 plateaus (2004-2014) : le premier livra un kaléidoscope coloré de plus de 8.000 dessins – résultat d’une année de travail manuel – et le deuxième exposa une suite exaltée de grattages sur pellicule, conçue tout au long de tournages en prise de vues réelles, où, officiant comme chauffeur, il attendait acteurs et techniciens. Il conviendra, dimension supplémentaire, d’ajouter que ces deux symphonies visuelles doivent, l’une à la pop déglinguée des Pascals, l’autre au swing lumineux de Lionel Hampton, d’avoir transformé d’attentives audiences cinéphiles en euphoriques bandes de groupies. Et si le bonheur, c’était simple comme une animation sans caméra !

Wonder de Mirai Mizue (Carte Blanche)

1000 Plateaus (2004-2014), de Steven Woloshen (Vidograph Distribution)

À ces superbes plongées dans l’enfance – qui semblent devoir reléguer, à une interrogation sans pertinence, la problématique soulevée, pour cette édition 2014, d’un prétendu passage (retour) à l’âge adulte du cinéma d’animation – répondent, néanmoins, trois films glaçants sur la propension à l’horreur de l’humanité, trois films sans échappatoire – on peut songer, ici, au cinéma d’un Michael Haneke. On aimera donc fortement… ou pas ! – que Marcel Jean, prenant tous les risques, n’hésita pas à présenter dans un même programme.
Le premier d’entre eux, Simhall (en anglais, Bath House), de la Suédoise Niki Lindroth von Bahr, se concentre sur les comportements ambigus de divers individus, dans une piscine peu fréquentée. Rejetant l’anthropomorphisme sympathique des studios Disney et consorts, le film donne à suivre, sans empathie, la confrontation entre l’employée-jument, qui gère l’établissement, et trois souris-hooligans, qui viennent traîner dans le coin. Les choix esthétiques de la réalisatrice (plans-séquence, parcimonie des mouvements de caméra, refus du plan rapproché pour les personnages) accentuent la mise à distance et renvoient, ainsi, le spectateur, à une condition peu enviable de témoin peureux et impuissant d’un saccage, qu’il sait couru d’avance.
Le deuxième film, quant à lui, s’intitule Beauty et est l’œuvre de l’Italien Rino Stefano Tagliafierro (12). En choisissant d’animer un détail significatif sur des tableaux de maîtres de la peinture – représentations académiques de William Adolphe Bouguereau (13), visions tumultueuses de Géricault ou du Caravage -, le réalisateur décline un long parcours contemplatif, à la stupéfiante beauté. Mais ce sublime n’aura, en passant de scènes idylliques à des figures de terreur, pour ultime destination, que d’illustrer la pulsion destructrice d’une humanité assoiffée de sang. Au final, reviendra la paix ; mais une paix marquée par le poids du chagrin, une paix dans l’attente du prochain carnage.
Le troisième film, tout aussi pessimiste, est dû à un artiste reconnu, le Polonais Piotr Dumala (14). Habitué des contes cruels et des ambiances peu éclairées, il livra, cette année, avec Hipopotamy, son œuvre la plus noire : calquant le comportement des humains sur celui des hippopotames, il décrit le face-à-face entre un groupe d’hommes et un groupe de femmes avec enfants. L’une d’elles ayant tué un homme, qui tentait de la violer, les autres mâles décident de se venger, en exterminant les enfants à coups de 

Hipopotamy, de Piotr Dumala (Fumi Studio)

pierres, puis de revenir s’accoupler avec ces mères, dont la maternité n’est plus. Face à l’acte barbare des hommes (domination masculine) et à la soumission complaisante des femmes (instinct de survie féminin), le réalisateur paraît n’opposer aucun jugement de valeur et semble se contenter d’enregistrer les faits, laissant chacun se débattre avec sa propre conscience et ses propres hystéries. Ce choix artistique (et éthique ?) – considéré comme renforcé dans l’ignoble, par l’esthétisme des images et l’élégance de la partition du violoniste Alexander Balanescu – déclencha quelques réactions révulsées, dont celle d’une productrice française, qui quitta son siège, en vitupérant, avec force démonstration, contre la sélection d’une “merde pareille”. Ce qui était, bien sûr, l’expression d’un point de vue qui n’engageait qu’elle et ramenait, en mémoire, cette sentence de Charles Bukowski, tirée de son roman Hollywood (15) : “Les gens qui vont voir un film se sentent agressés ou insultés par pratiquement tout, alors que les gens qui lisent des romans et des nouvelles aiment être agressés ou insultés.
Alors, cette “agression”, qui permit qu’un film d’animation soit jugé, non pas à l’aune d’un consensus poli face à un mode d’expression, qui demande maîtrise technique et temps de travail, mais à l’abri de toute tempérance, au même titre qu’un film en prise de vues réelles – le vent de polémique qui a soufflé, alimentant cette modeste bataille d’Hernani, semblait s’inspirer des plus belles tempêtes cannoises ! -, constitue-t-il un passage à l’âge adulte du monde de l’animation ? Si l’on peut souhaiter qu’il en constitue un marqueur pertinent, on restera, néanmoins, prudent quant à la conclusion à tirer et il importera de continuer à être vigilant et de débattre sur la forme et sur le fond, face aux orientations futures, entre art et industrie, de ce secteur de création. Ce qui est sûr par contre, c’est que jamais le Festival n’avait interrogé, avec autant d’acuité, l’existence de l’homme, de sa plus tendre enfance à sa plus déroutante maturité.

Francis Gavelle – 29 juin 2014.

Cristal Annecy 2014 :
Court métrage : Man on the Chair (Dahee Jeong – France / Corée du Sud)
Long métrage : L’Enfant et le monde (Alê Abreu – Brésil)
Production TV : En sortant de l’école “Tant de forêts” (Burcu Sankur & Goeffrey Godet – France)
Film de commande : Nepia “Tissue Animals” (Fuyu Arai – Japon)
Film de fin d’études : The Bigger Picture (Daisy Jacobs – Grande-Bretagne)

P.-S.

(1) Le réseau “Les Cinémas Gaumont Pathé” (anciennement dénommé “Europalaces”) a été créé en 2001, suite au regroupement des activités d’exploitation de salles de cinéma des sociétés Gaumont et Pathé, respectivement présidés par Nicolas Seydoux et Jérôme Seydoux.
(2) Le DCP (Digital Cinema Packet) peut être considéré comme l’équivalent numérique de la copie film 35mm.
(3) Un clin d’œil, ici à peine voilé, aux propos de Sidonie Dumas, directrice générale de Gaumont, qui reprocha, dans une interview, aux critiques de cinéma, de “manquer d’élan positif”.
(source : “Le Figaro”, 7 mars 2014)
(4) S’écartant de l’approche documentaire, le film de l’Estonien Mait Laas (Lisa Limone ja Maroc Orange, tormakas armulugu ou Lisa Limone and Maroc Orange : a Rapid Love Story) peut, sous des dehors déjantés (c’est un opéra chanté en français et en italien), être également considéré comme un film “sensible à l’agitation du monde”, puisque, avec ses marionnettes aux visages d’orange et de citron, il mêle histoire d’amour shakespearienne et questionnement sur le drame des migrants vers l’Europe.
(5) Fondateur, en 1985, avec Hayao Miyazaki, du Studio Ghibli, Isao Takahata y réalisera, tour à tour, Le Tombeau des lucioles (1988), Souvenirs goutte à goutte (1991), Pompoko (1994) et Mes voisins les Yamada (1999).
(6) Né à São Paulo, en 1971, Alê Abreu a déjà réalisé trois courts métrages – Sírius (1993), Espantalho ou Scarecrow (1998) et Passo (2007) – et un long métrage (Garoto Cósmico ou Cosmic Boy, 2007).
Voir le site du réalisateur : http://aleabreublog.blogspot.fr/
(7) Paulista ou pauliste (adjectif ou nom) : de São Paulo.
(8) C’est, d’ailleurs, la société de distribution, Les Films du Préau, spécialisée dans le cinéma “jeune public”, qui sortira le film sur les écrans français, le 8 octobre prochain.
Voir le site du distributeur : www.lesfilmsdupreau.com
(9) En 2007, Torill Kove a obtenu l’Oscar du court métrage d’animation, pour son film, The Danish Poet.
(10) Britannique et ingénieur en mécanique, Alex Eric Moulton (1920-2012) invente, en 1959, une bicyclette “révolutionnaire”, à laquelle il donne son nom. Commercialisée en 1962, la “Moulton” – selon le but avoué de son inventeur – permet au cycliste de conserver une position droite, plus stable, et de faire ainsi face aux dangers croissants, à l’époque, de la circulation automobile.
(11) A l’occasion, cette année, du centenaire de la naissance de Norman McLaren, le Festival d’Annecy et l’Office National du Film rendirent, à travers un ciné-concert et trois programmes, un hommage à celui qui, de 1941 à 1983, exerça son esprit expérimentateur sans limites, au sein du studio d’animation canadien.
(12) Voir le site du réalisateur : www.rinostefanotagliafierro.com
(13) Grand admirateur de l’œuvre de Raphaël, William Adolphe Bouguereau (1825-1905) est considéré comme un peintre officiel du second Empire et de la IIIe République.
(14) Au Festival d’Annecy, Piotr Dumala a obtenu, en 1989, le “Prix spécial du Jury”, avec son court métrage, Sciany (Les Murs).
(15) Le roman de Charles Bukowski, Hollywood, a été réédité, en ce début d’année, par les éditions Grasset, dans la collection “Les Cahiers Rouges”.