Rechercher du contenu

Episode 4 : californication Les séries expliquées à mon meilleur ami

« Get it in while you can. It’ll all be gone soon enough. » Hank Moody

 

Si vous avez manqué le début…

Après les agapes de la veille, Meilleur ami et moi – surtout moi – tenons une appréciable gueule de bois. Autour d’un arrosoir de café et de deux mugs estampillés « I’m the boss », on se regarde à peine derrière nos Ray-Ban, vraies ou fausses. Il fait un soleil californien, la matinée s’étire – pas autant que moi. Heureusement, après cinq cigarettes et un ibuprofène 400, mon cerveau perçoit l’intro de You can’t always get what you want à la radio et il me vient enfin une idée !

 

Very bad trip

C’est sur cet air archi-connu des Rolling Stones qu’entre en scène Hank Moody, le bien nommé (1) héros de Californication. Et le portrait contemporain d’un écrivain alcoolique, volontiers drogué et complètement obsédé sexuel, m’apparaît comme un excellent sujet de circonstance. Même si j’entends d’ici les objections de Meilleur ami : c’est un gros con, ton Moody, une caricature d’hétéro quarantenaire qui drague tout ce qui bouge et roule à L.A en Porsche cabossée, ruminant son divorce et son angoisse de la page blanche.
 C’est pas faux… !

Mais si je parviens à évoquer les modèles, de Bukowski au plus obscur Rick Moody (2), je sens que je peux marquer des points. Certes, c’est un peu surévalué, mais il faudra bien ça pour commencer. Ensuite, nous reviendrons à la réalité, celle d’une série très bien dialoguée, qui commence fort en provoc’ pour se répéter hélas assez fréquemment. N’empêche qu’elle offre quelques mémorables fous rires et deux ou trois airs de connivence non négligeables.

 

Mes meilleurs copains

Comme deux meilleurs amis fonctionnent naturellement à la référence et à la citation, Californication multiplie les clins d’œil et les partitions connues. À commencer par son titre, qui est aussi celui d’un album des Red Hot Chilli Peppers (3). Omniprésente de la première à la dernière saison, la bande-son reste comme son héros, très rock voire hard rock ! Également truffée d’allusions littéraires, parfois cinématographiques, la série ne perd jamais son second degré, s’empêchant ainsi de sombrer dans la pochade pour adulescents. Puisqu’elle s’achève alors que l’été commence, profitons-en pour la visionner intégralement à l’ombre.


(1) : « moody » se traduisant aisément par lunatique.
(2) : Rick Moody est un écrivain américain bien réel, né en 1961, dont la Tempête de glace a été adaptée au cinéma par Ang Lee.
(3) : hommage ou pillage, comme l’a pensé le groupe Californien ?


Style genre
Barfly (Barbet Schroeder, 1987) ; L’Amour est une grande aventure (Blake Edwards, 1989) ; The Ice Storm (Ang Lee, 1998).

Site officiel
http://www.sho.com/sho/californication/home
DVD / Blu-ray
Saisons 1 à 7 disponibles en intégralité (Paramount S1 à 5 ; Showtime S6 et 7).