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Episode 1 : mad men Les séries expliquées à mon meilleur ami

« What you call love was invented by guys like me, to sell nylons. » Don Draper

 

Si vous avez manqué le début…

Meilleur ami ne connaît rien aux séries télé. Jusqu’à présent, cette lacune lui permettait paradoxalement de briller en société. Mais désormais, il se sent parfois un peu court de sauce dans les dîners en ville : même ses pairs ont fini par s’y mettre, le succès populaire s’accompagnant maintenant d’analyses critiques, de cautions intellectuelles et artistiques.
Meilleur ami cherche donc une porte d’entrée, si possible facile d’accès. Sans hésiter, nous l’accompagnons chez Sterling Cooper.

 

Retour vers le futur

Nous sommes en 1960 à New York, Sterling Cooper est l’une des agences de publicité de Madison Avenue (1) qui est en train d’inventer la société de consommation, à grand renfort de cigarettes, whisky et p’tites pépées. Notre héros est le séduisant Don Draper, génial directeur de la création, manager exigeant, chef de famille, mari infidèle et père absent, bref, un homme de son temps. Or, qu’il s’agisse d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître est sans rapport avec le charme nostalgique que dégage la série.


D’abord parce qu’elle est « charmante », au premier et bon sens du terme : les décors et les costumes sont impeccablement reconstitués et la réalisation s’apparente davantage au cinéma qu’à la production télé. Créée en 2007, Mad men marque un tournant notable dans l’histoire de la série : celui de la « respectabilité » et de la reconnaissance, tant publique que critique.
Ensuite, parce que la nostalgie inhérente à Mad men opère curieusement sur nos cerveaux des années 2000…

 

Smoking, no smoking

Pour les fumeurs frustrés (un exemple au hasard), les volutes de Don Draper apparaissent dès le premier épisode comme des bouffées de liberté, souvenirs d’une époque où l’on fumait dans les bureaux et dans les restos… C’est assez plaisant, mais pas assez pour enfumer nos esprits du XXIe siècle : la série ne joue pas tant ici la provocation, sous couvert de reconstitution, qu’un juteux et bien de son temps, placement de produit !


Mais si l’on a pu reprocher à Mad men son absence de dénonciation, nous laisserons cela aux moins « Meilleur ami » d’entre nous. Car sans parler de démonstration appuyée, la série montre bien le machisme de l’époque, le racisme ambiant, l’homophobie latente…
Finalement, en héros de plus en plus fatigué et tremblant sur ses bases, aux prises avec ses contradictions et son trouble passé, Don Draper n’est-il pas une bonne métaphore de nous-mêmes, spectateurs volontiers nostalgiques mais pas dupes du « c’était mieux avant » ?


(1) Le titre « Mad men » joue sur le surnom donné à l’époque aux publicitaires de Madison Avenue et sur le sens littéral, « hommes fous ».


Style genre
La Mort aux trousses (Alfred Hitchcock, 1959) ; Breakfast at Tiffany’s (Blake Edwards, 1961) ; Gatsby le magnifique (Jack Clayton, 1974 ; Baz Luhrmann, 2013).
Site officiel
http://www.amctv.com/shows/mad-men
DVD / Blu-ray
Saisons 1 à 5 disponibles en intégralité, saison 6 à paraître en mars 2014 (Métropolitan).