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Entretien avec Ricardo Darín À propos de Hipótesis

Comment a commencé pour vous le travail sur Hipotesis ? Qu’est-ce qui vous a plu dans cette histoire ?
Pour moi le projet du film a commencé à travers les conversations que j’ai eu avec le réalisateur : ce sont elles qui dès le début ont défini le personnage qu’il voulait que j’interprète. Ensuite, j’ai pu développer mon personnage à partir d’une enquête que j’ai mené sur la manière de réagir des experts en criminologie. Autrement dit, le slogan du film, « tout est dans le détail », est la clé du travail de ces experts. Dans le personnage que je devais incarné pour ce film, j’ai été attiré par le suspense, la tension, le duel qui se produit entre les deux personnages et qui donne lieu à une obsession qui conduit Roberto à la limite avec la folie.

En tant qu’acteur, qu’aimez-vous dans le thriller ?
Je ne sais pas répondre comme acteur ou spectateur ; ce que j’aime c’est le suspense, la tension et l’attention qu’il faut prêter pour ne rater aucun détail.

Le thriller est un genre que vous privilégiez dans votre filmographie puisqu’on le retrouve dans El aura, Neuf reines, Dans ses yeux, Carancho… Pensez-vous que dans votre personnage de « Hipotesis » il y a beaucoup des autres personnages ?
Je croyais que non mais si vous me posez la question c’est parce que vous croyez que oui ! Je ne vois pas beaucoup de relation entre le patient épileptique d’El aura, le voleur de Neuf reines, le l’officier de justice de Dans ses yeux, amoureux depuis 25 ans de la même femme, et l’avocat sans scrupules de Carancho. Mais j’accepte votre observation. Il s’agit bien du même acteur, ils se ressemblent donc peut-être à travers certains aspects.

Comment travaillez-vous pour créer votre personnage dans un thriller ? Le cinéma d’Hitchcock vous inspire-t-il ?
Les personnages des thrillers sont habituellement des personnages complexes, peu linéaires et souvent contradictoires. Ces caractéristiques sont très nourrissantes pour un acteur et représentent toujours un défi. J’aimerais bien un jour être dans l’ombre d’Hitchcock ! Ce n’est pas le cas pour l’instant.

Vous qui avez l’habitude de travailler souvent avec les mêmes réalisateurs (Bielinski, Trapero, Campanella…), comment cela s’est-il passé avec Hernán Goldfrid avec lequel vous tournez pour la première fois ?
C’est un nouveau monde, plein de choses à découvrir ; c’est vertigineux, car comme nous le savons bien, le travail au cinéma est un travail en équipe, l’essentiel est de trouver un langage, un code commun à tous. De ce point de vue, la responsabilité la plus importante repose sur le réalisateur, qui doit définir l’histoire que nous avons entre les mains.

Les années 2000 ont été une renaissance incroyable pour le cinéma argentin, où vous avez interprété plusieurs rôles. Comment voyez-vous le cinéma argentin dans les années 2010, étant donné la situation économique en Espagne, un pays très important pour les coproductions avec l’Argentine ? Est-ce que cela a eu des répercutions pour l’Argentine ?
Les crises sont très créatives. Dans le cas du cinéma, la créativité est l’essence du tout. Je crois que l’Espagne ainsi que l’Argentine vont continuer à produire des films car cela donne de très bons résultats, au-delà des crises, ou à cause d’elles !

entretien réalisé par Cédric Lépine, avec le sympathique appui de l’équipe de Darkstar