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Entretien avec Catherine Bizern "Qui paie décide"

Le 11 mars 2013, par voie d’un communiqué de presse de l’intéressée, nous apprenions que la Mairie de Belfort ne renouvelait pas le contrati de Catherine Bizern, déléguée générale et directrice artistique du festival EntreVues. À l’issue de la 27e édition du festival, en décembre dernier, nous disions : « Le territoire dont le festival de Belfort trace les contours est une zone où le cinéma évolue en liberté (et donc parfois à l’état sauvage), mais c’est justement pour cela que l’on s’y sent chez soi. »  C’est parce que les festivals sont devenus les lieux essentiels pour faire découvrir des films fragiles, exigeants, qu’il nous a semblé primordial de rencontrer Catherine Bizern et en savoir plus sur ce que peut signifier le non-renouvellement de son contrat.

Quand et comment avez-vous appris votre non-renouvellement à la tête du Festival ?
J’ai été prévenue par téléphone, par le président de l’association Cinéma d’aujourd’hui. Cette association « paramunicipale » est le pôle cinéma de la ville, qui notamment gère le festival et tout au long de l’année propose une programmation art et essai à Belfort. Elle est présidée par une personnalité locale, ami du Maire de la ville, Gilles Levy, et son personnel – et en particulier sa directrice qui est aussi la secrétaire générale du festival, Michele Demange, une agent de la ville. Déléguée générale et directrice artistique du festival depuis 2006, j’ai d’abord été pendant cinq ans engagée par la ville comme intermittente du spectacle et depuis deux ans Cinéma d’aujourd’hui m’engageait huit mois par an sous contrats à durée déterminée. C’était donc normal que ce soit Gilles Levy qui me prévienne de la décision prise par la ville et m’envoie ensuite une lettre officielle après que j’ai eu rendez-vous avec le Maire Etienne Butzbach. J’avais de mon côté annoncé par courrier au maire (mais leur décision avait été prise auparavant) que je quitterais le festival après la prochaine édition. Il me semblait juste de le faire suffisamment en amont pour que nous puissions travailler ensemble à la transition et que je puisse partir de manière apaisée. Depuis plusieurs années, la municipalité avait tendance à reprocher sa radicalité au festival, de manière de plus en plus frontale. Depuis toujours le festival avait d’ailleurs cette réputation dans la ville, mais lorsque Jean-Pierre Chevènement était maire les enjeux étaient différents. Chaque année, malgré le succès du festival, mon travail était donc remis en question plus ou moins fortement par la municipalité.

Vous aviez déjà commencé à travailler sur l’édition suivante ?
Oui. Sur les rétrospectives, et notamment celle autour du nouveau film entrant au Bac, puisque depuis toujours EntreVues consacre une programmation à ce film. Et puis pour recommencer à imaginer une édition, il faut visionner beaucoup de films. Par ailleurs j’avais également décidé d’aller à Berlin, pour commencer à repérer des films pour la compétition. La demande de la subvention à la SACEM a été faite début janvier, en mon nom. Que la mairie souhaite passer à autre chose c’est entendable, mais il me semble que cela se prépare, ne serait-ce que pour assurer la transition avec les institutions (le CNC, la DRAC, la région) et les professionnels partenaires du festival. Mais suite à mon courrier, le maire m’a confirmé leur décision. Mon contrat à durée déterminée était terminé le 31 décembre, il n’y avait plus qu’à en rester là !

La méthode vous choque ?
Le public est au rendez-vous, le Festival, sous mon impulsion, est véritablement en train de devenir LE Festival du Grand Est, il est de plus en plus reconnu à l’International. D’un point de vue professionnel, il n’y a donc aucune raison d’interrompre brutalement ce travail sans autre forme de procès, comme si j’avais mis en péril le Festival. À plus forte raison, sans avoir préparé la suite. Les partenariats sont pourtant des choses fragiles, et même avec les institutions ce sont les relations entre personnes qui permettent les meilleurs partenariats

On a évoqué, dans la presse, des relations tendues avec l’adjoint au maire à la culture de la Mairie de Belfort. Comment garantit-on l’indépendance d’un festival, de sa programmation, face aux collectivités locales ? Dans le communiqué par lequel vous officialisiez votre non-renouvellement, vous citiez le mot d’Orson Welles, « Qui paie décide ». Est-ce une fatalité ?
La décentralisation est une chose extraordinaire, qui a permis à de nombreuses initiatives très belles de voir le jour dans les régions, et qui a contribué à l’émergence d’un foisonnement d’artistes, de pièces, de films. Mais il y a des effets pervers à cette décentralisation. Sans doute que la création qui est au coeur de nos préoccupations se heurte à des politiques locales, qui ont d’autres préoccupations. Aujourd’hui, c’est comme si les visions du monde des uns et des autres n’étaient plus en phase. Et c’est quelque chose d’assez banal : l’année dernière, j’ai été frappée de lire, dans la revue Mouvement, un article sur les directeurs artistiques de FRAC : quatre d’entre eux, en l’espace de six mois, avaient été renvoyés par les collectivités territoriales, en invoquant les mêmes arguments : trop élitistes, pas assez populaires. Sachant que, si on leur posait la question, chacun serait sans doute bien en peine de définir ce qu’il considère comme « populaire ». De la même façon, que signifie « élitiste » ? D’autant plus que ce sont des hommes de gauche : ils ne peuvent légitimement pas dire qu’ils veulent faire du TF1. Dans les années 1980, un certain nombre de politiques ont fait confiance aux professionnels, pour mettre en œuvre, à partir de politiques culturelles claires, des manifestations, des lieux culturels, des structures qui se consacrent à la création. Le désir de reprise en main de la culture par les politiques est aujourd’hui un classique du genre – le directeur du festival de Turin il y a quelques années, celui du festival Punto de Vista à Girone l’an dernier, ont subi le même sort – et cette reprise en main, bien souvent, ne se parle pas en termes de politique : c’est comme s’ils voulaient juste mettre la main sur la programmation. C’est là où se créé le différend, surtout lorsque la question de la création est passée à la trappe.

Un journaliste de France Culture, Xavier Martinet, établissait un parallèle entre la situation du festival de Belfort et celle du cinéma Le Méliès à Montreuil, en supposant que les politiques, un peu partout, reprenaient effectivement la main sur la culture.
C’est pour cela que je dis que c’est banal, car ce type de conflit, ici avec des mairies, se retrouve aussi pour d’autres avec des conseils généraux, ou des régions. Il me semble qu’il y a aujourd’hui, au-delà de l’inimitié qui finit par se faire jour entre deux visions différentes (que ce soit la vision du monde ou celle du lieu culturel ou de la manifestation, mais aussi la vision du rapport aux spectateurs et à la création), chez ceux qui dirigent les collectivités territoriales, un désir de rentabilité immédiate, de l’ordre de la communication – purement locale – qui fait oublier ce que représente, par exemple pour EntreVues, le festival notamment au niveau national et même international, et son importance immense pour une certaine famille cinématographique.

Ce qui fait l’identité du festival, la primauté donnée aux premières œuvres, l’indistinction entre fictions, documentaires et films dits expérimentaux, pensez-vous que cela soit aujourd’hui menacé ?
Je ne sais pas du tout. J’ai entendu dire qu’il avait été proposé à Pierre Menahem (que j’avais invité à rejoindre il y a deux ans, en tant que vendeur international, le comité de sélection de la compétition) de reprendre en charge la compétition, en l’absence même de directeur artistique, ce qui me semble témoigner d’une logique improbable. Est au coeur du festival, cette idée des jeunes auteurs et plus encore, celle qu’avait Jeanine Bazin, d’articuler le cinéma émergeant, qui invente des nouvelles formes, avec l’histoire du cinéma. C’est ainsi que j’ai pu, par le passé, faire un travail avec HPG et Gabriel Abrantes, et d’un autre côté encore avec Jean-Pierre Mocky, qui est très apprécié par beaucoup de jeunes cinéastes. Le fait de dire que le jeune cinéma d’aujourd’hui est le patrimoine de demain, c’est ce qui est important. De même que celui de mélanger le documentaire, la fiction, l’expérimental et la cinéphilie. Les reproches faits au festival le sont souvent par des gens qui ne viennent pas voir les films. Il y a trois ans, j’ai conçu une programmation Kathryn Bigelow, dont le nom était finalement peu connu. L’année suivante, j’ai programmé des films de Patricia Mazuy et Jean-Claude Brisseau, et l’on m’a félicitée d’avoir mis de l’eau dans mon vin. Patricia était très flattée d’être tout à coup considérée comme plus populaire que Kathryn Bigelow… Le problème, c’est la méconnaissance du cinéma. J’ai pourtant veillé à ouvrir la programmation. Contrairement à certains critiques de cinéma, ou certaines écoles de cinéphilie, plus rigoureuses, plus volontiers portées à n’aimer qu’un type de cinéma, je revendique l’idée d’une cinéphilie large, ouverte, éclectique. En montrant les films de Rob Zombie, ou en invitant Pascal Thomas. Ou encore Adolfo Arietta. Ou en faisant découvrir Kira Mouratova. Pour ce qui est de la compétition, ça a été très important pour moi de passer de deux compétitions (l’une documentaire, l’autre fiction, avec deux jurys différents) à une seule de quinze films, mêlant toutes les formes cinématographiques sous la seule bannière du cinéma émergeant. C’est ainsi qu’évolue le cinéma. The Tree of Life, par exemple (qui, par ailleurs, n’est pas un film que j’affectionne particulièrement), a autant à voir avec l’art vidéo et même le jeu vidéo qu’avec la fiction classique. Le cinéma est un art polymorphe. D’où mon travail avec l’espace multimedia de Gantner, le choix de montrer, en 2012 des installations vidéo, et d’inviter Art Press à fêter ses 40 ans à Belfort. Tout en restant un festival de cinéma, EntreVues tendait à montrer qu’il y avait une grande porosité entre le cinéma et les autres arts.

Des auteurs comme Kechiche ou Serra ont vu une partie de leur notoriété acquise grâce à l’exposition du festival. De quoi êtes-vous aujourd’hui la plus heureuse, en termes de découvertes ?
Avant tout, ce qui me faisait plaisir chaque année c’était de voir que les films de la compétition étaient ensuite distribués en salles. En 2012, je crois que treize des quinze longs métrages de la compétition sont sortis en salle en France. Cela me fait plaisir que les films et leurs auteurs trouvent un public en salle – même si celui-ci est restreint- et cela montre aussi que nous ne sommes pas des hurluberlus qui montrons n’importe quoi, mais des experts, qui avons un regard subjectif, certes, mais partagé par d’autres.
Kechiche est très talentueux. Il aurait percé de toute façon, je ne pense pas que le festival puisse s’approprier quelque chose de sa reconnaissance, même si les sélectionneurs, à l’époque Jean Sébastien Chauvin et Bertrand Loutte, ont eu le talent de « choper » le film… Nous avons montré les deux premiers films d’Albert Serra, mais c’est la Quinzaine des réalisateurs, tout de même, qui a permis de le découvrir. D’une manière générale, je me méfie de l’idée que l’on puisse se targuer d’avoir été le découvreur d’un cinéaste, sauf si on est producteur et qu’on a en effet produit ses films. Lorsqu’on s’occupe d’un festival, il faut aller à la recherche des films, et il faut prendre la décision de les montrer ou pas, et ensuite de les défendre pour qu’ils atteignent leur public. Nous sommes une des courroies de transmission entre les films et leur public. Mais en effet, je suis contente d’énormément de choses. On a été les premiers à consacrer une rétrospective aux courts métrages de Gabriel Abrantes, un auteur très doué. Tariq Teguia a été montré pour la première fois en France à Belfort, après avoir été programmé à Rotterdam. J’en suis très fière, c’est un cinéaste important et je suis sûre que sa reconnaissance sera grandissante très rapidement. Je suis heureuse que nous ayons montré les courts métrages de Josh Safdie, avant que celui-ci ne présente son premier long métrage, réalisé avec son frère, à la Quinzaine des réalisateurs. C’est au cours du festival qu’il a rencontré Michel Zana, des productions Sophie Dulac, et ils ont ensuite travaillé ensemble.

C’est donc aussi l’idée d’un festival comme lieu de rencontres qui vous est chère ?
Oui. Lorsque j’ai organisé la rétrospective des films de Yousri Nasrallah, il nous a rappelé que c’est à Belfort qu’il avait rencontré Pierre Chevallier, qui fut un de ses principaux partenaires. Pour moi, c’était important que les professionnels viennent au festival, les distributeurs, les producteurs, les exploitants. C’est l’idée d’une certaine famille cinématographique, une famille un peu secrète ou, en tous les cas, qui participe peu à la grande messe communicante du cinéma. Mais c’est aussi de cette famille que sont issus au départ beaucoup de cinéastes qui, ensuite, se retrouvent à Cannes, ou dans d’autres festivals. L’intérêt, c’est de parier sur des oeuvres, de montrer des choses qui ne sont pas toujours nécessairement abouties : c’était notre idée, avec Amélie Dubois et Jérôme Momcilovic. Plutôt que pour un film qui ne prend pas de risques, qui est peut-être un peu mieux fabriqué, opter pour un film qui prend des risques, dans son dispositif, dans sa forme narrative. Les Coquillettes de Sophie Letourneur sort en salles. Je suis très fière que nous ayons été les premiers à montrer La Vie au ranch, un film extrêmement novateur selon moi, et il me semble que pour la réalisatrice, venir à Belfort a été très important. Dans Les Coquillettes, on peut voir, d’ailleurs, Sophie Letourneur se promener avec le sac officiel du Festival de Belfort… Après Belfort, La Vie au ranch a ensuite été montré à Rotterdam, tout comme le premier court métrage de Mati Diop, Atlantico, ouStella Plage de Shalimar Preuss. L’idée d’accompagner les jeunes cinéastes comme Shalimar Preuss, du court au long métrage, nous était chère aussi. En 2012, le premier film (NDLR :Ma belle gosse) de Shalimar a été découvert à Belfort, où il a gagné le Prix du Film français. Nous étions dans une relation bienveillante, vis-à-vis de jeunes cinéastes qui, pour nous, étaient au cœur de cette famille du cinéma. Et qui eux-mêmes nous tenaient au courant de leurs nouveaux films pour nous les présenter, souvent même en cours de montage. Et c’est aussi pour eux que j’avais mis en place l’aide à la post-production FILMS EN COURS, avec le soutien de Mikros Image, de Polyson, de Gomedia et de Cosmodigital, pour que le festival soit au plus près des jeunes cinéastes et de leurs producteurs.

Quelles réactions la nouvelle a-t-elle suscitées auprès de vos collaborateurs, des équipes du festival, du public ?
Des centaines de messages, de la part des cinéastes, mais aussi des enseignants qui viennent au festival avec leurs élèves, des habitants de Belfort, me remerciant pour mes programmations passées, témoignant leur attachement au festival, et s’inquiétant pour la suite. Certains voulaient faire des comités de soutien à mon égard. Mais pourquoi faire ? Je préfère la phrase de Pialat : « Vous ne m’aimez pas, je ne vous aime pas non plus ». Et ils ne m’aiment pas au point de me virer sans raison, j’en prends acte. Il est plus important pour moi désormais de trouver un nouvel endroit où œuvrer à la découverte du cinéma.

Nous sommes, depuis quelques mois, plongés dans un certain nombre de questions relatives au financement du cinéma, à la production française. Il y a semble-t-il comme un malaise. Quel regard portez-vous sur cela ?
Il m’arrive d’être pessimiste. Pour les jeunes cinéastes, il est de plus en plus difficile, dans le système actuel, de gagner sa vie. Peut-être qu’il y a eu, de ce point de vue-là, une illusion entre les années 1970 et les années 2000, de penser que la réalisation pouvait être un métier. À cela s’ajoute un réel carcan artistique, qui est dû au financement, et que l’on retrouve à tous les niveaux. Quand je vois, en particulier dans les premières oeuvres françaises, à quel point les films sont embourbés dans leur scénario. Depuis des années, la question est considérée comme primordiale, il existe beaucoup d’aides au scénario, au développement. Et, lorsque les gens en viennent à tourner, il n’y a plus d’argent. Alors que, dans le cinéma que j’aime, ce n’est pas le scénario qui importe. L’autre problème, c’est que, de plus en plus, la question de la pensée est mise à mal. Comme si le fait d’être un intellectuel constituait un scandale. Cette idée-là traîne depuis les années 90. Et puis, partout, il faut faire du chiffre, être rentable. Pour concevoir des programmations un peu pointues, on se trouve à devoir donner des gages de popularité. Or, du populaire au populisme, il n’y a qu’un pas. Tout ceci étant dit, je ne pense pas qu’il y ait de quoi désespérer : les artistes existeront toujours, ils trouveront des failles pour créer. Je ne crois pas que, comme le disait Skorecki, le cinéma soit mort. S’il est mort, alors j’aime le zombie qu’il est devenu. On le voit dans de nombreux pays où, bien qu’il n’y ait pas d’aides, des films existent. Le nouveau cinéma suisse a émergé, au début des années 1960, en se constituant contre une certaine production commerciale et ampoulée (comme aussi la Nouvelle Vague en France). Il y a donc des cycles. L’artiste est plus fort que tout. En temps de crise, on a toujours malmené les artistes, mais ceux-ci, en émergeant dans la résistance, seront peut-être d’autant plus forts et actifs. L’artiste institutionnel, c’est quand même la pire des choses… Bien sûr, la peur du désengagement financier des institutions dans l’art et la culture est légitime, et j’en ai peur moi aussi car c’est un milieu extrêmement fragile, déjà très touché par la crise, et que la marginalisation n’est souhaitable pour personne…Mais peut-être y aura-t-il moins d’œuvres banales qui verront le jour !

Moins d’objets simplement voués à alimenter les tuyaux de l’industrie…
C’est vous qui le dites, mais oui, c’est un peu ça, à moins que je sois trop utopiste ! Reste que l’industrie a son importance, car elle nourrit le système. En Afrique, s’il n’y a pas de cinéma de la marge ou de recherche, c’est parce qu’il n’y a pas de cinéma commercial. Pour autant, le fait que des gros films comme Astérix se cassent la figure parce qu’untel a été trop payé, ce n’est pas du tout mon problème. Personnellement, je m’en moque complètement. Il me semble qu’il est de plus en plus difficile de voir ce qu’il y a de commun entre le cinéma purement commercial et l’art cinématographique. Quand Skorecki dit que le cinéma est mort, je pense qu’il veut dire qu’un certain cinéma est mort, qui soit à la fois populaire (j’entends par là : faisant beaucoup d’entrées) et d’une intelligence extrême, comme pouvait l’être celui de Hawks. Est-ce que quelqu’un est à la place de Hawks aujourd’hui ? Ou bien cette idée a-t-elle été un mythe de tout temps… N’oublions pas que La Règle du jeu, aujourd’hui unanimement célébré, a été un échec à sa sortie. Est-ce que quelque chose, à un moment donné, a cessé d’exister, à quelques exceptions près ? Ou bien cette chose a-t-elle toujours été une exception ?

Kathryn Bigelow, David Fincher ?
Peut-être. Mais, même si j’adore son cinéma, je ne suis pas sûre que Bigelow soit de la trempe de Hawks. Il faudrait que je demande à Skorecki ce qu’il en pense…

Propos recueillis à Paris par Thomas Fouet le 20 mars 2013