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Atelier cinéma #10 : Le Voleur de Bagdad de L. Berger, M. Powell et T. Whelan (1940) Saison 2

Le Voleur de Bagdad est un fidèle compagnon de l’atelier. Rarement choisi en première intention, il est pourtant toujours apprécié des enfants. Je crains toujours que sa narration alambiquée et la vétusté des effets spéciaux ne les rebutent. À ce propos, je m’aperçois que, finalement, un trucage visible ou bricolé de manière voyante ne déclenche aucun rejet. Tout au plus, ils peuvent remarquer qu’un personnage brille un peu (à cause d’une transparence) et s’en étonnent sans le mettre sur le compte d’une faiblesse technique.

Ma présentation a porté sur l’idée du merveilleux, les références aux Mille et Une Nuits. Je leur ai ensuite brièvement résumé le début du film, fortement confus. Enfin, je les conviai à détecter dans le film toutes les références à l’œil et au regard : œil peint sur un bateau, personnage aveugle, l’objet magique « l’œil qui voit tout », etc. Je dois avouer que cette fois, ils ne s’en sont guère saisis.

Le film a bien marché auprès de mon public. Une fois la narration lancée, ils ont suivi les nombreuses péripéties avec intérêt. Parfois, les questions qu’ils posaient me mettaient en difficulté. Ainsi, pourquoi les soldats du sultan interdisent-ils au peuple de regarder la princesse ? Pourquoi, lorsque Ahmad vient retrouver la princesse dans son jardin, toutes les fleurs ont fané ?

Ils ont été impressionnés par le personnage de Jaffar (comme dans Alladin de Walt Disney !), interprété par Conrad Veidt. Surtout lorsqu’il utilise ses pouvoirs hypnotiques. Les gros plans sur son regard intense ont créé des frissons dans le public. Le sultan, père de la princesse, est amateur de jouets mécaniques. Lorsqu’il enfourche un cheval mécanique qui lui permet de voler au-dessus de la ville, chaque enfant a exprimé son rêve d’avoir le même jouet.

Une fois de plus, après celle de L’Homme qui Rétrécit, c’est une araignée qui les a effrayés. Celle-ci ressemble pourtant fortement à une grosse baudruche manipulée par d’épais câbles. Dans l’autre film, il s’agissait plutôt d’une véritable bestiole prise en très gros plan. Les cris et les mains devant les yeux n’ont pas manqué.

Très dispersé au début, le récit devient vraiment prenant à la fin, ménageant un véritable suspense auquel les enfants ont succombé. En effet, Jaffar est sur le point d’exécuter Ahmad et la princesse, alors qu’Abu, le petit voleur, est à des milliers de kilomètres du palais. Les enfants semblaient sincèrement inquiets, ne voyant pas comment Abu allait parvenir à les rejoindre en étant aussi loin. Ils furent rassurés lorsqu’ils comprirent qu’Abu pourrait sauver tout le monde grâce à…