Rechercher du contenu

Atelier cinéma #1 : L’Homme qui rétrécit de Jack Arnold (1957) Saison 2

Retour aux affaires pour l’Atelier Cinéma. Retour ? Je n’en suis pas encore sûr. Les emplois du temps des enfants peinent encore à être bouclés. J’avais repéré un groupe de sept enfants dans l’institution, susceptibles d’apprécier le programme de l’année 2012-2013. Quatre ont été autorisés à participer à ce temps d’atelier. Mais le nombre risque de baisser encore si l’indication d’une augmentation de leur temps scolaire est préconisée.

Las d’attendre confirmation, j’ai pris le parti de commencer avec mes quatre élus. Trois garçons de 9, 10 et 11 ans et une jeune fille de 11 ans constituent le groupe. Les quatre participent pour la première fois à l’atelier.

J’ai présenté le projet de l’atelier en leur disant que j’allais tenter de montrer des films qu’ils n’ont pas l’habitude de voir. Des vieux, des tristes, des joyeux et des déconcertants, en couleur ou noir et blanc, parlants ou muets, français, américains ou mexicains ou thaïlandais. Chaque film sera choisi par contraste avec le précédent, vieux contre récent, comédie contre drame, quotidien contre fantastique, espérant faire émerger chez chacun des participants une mosaïque de souvenirs, dessinant à gros traits une esquisse de ce que le cinéma peut leur offrir.

Comment et par quoi commencer ? J’avais envie que le film inaugural tranche dans sa forme avec ceux qu’ils ont l’habitude de fréquenter tout en ayant une capacité à les impressionner. L’Homme qui rétrécit est pour moi un souvenir d’enfance inoubliable qui continue encore de me passionner. Je les ai prévenus du caractère spectaculaire de certaines scènes. Ils ont donc la possibilité de s’éloigner du lieu de projection s’ils se sentent trop terrifiés.

Le film est dense et ramassé mais sa première demi-heure décrit surtout les examens que doit subir le héros pour comprendre son rétrécissement. Les enfants sont patients mais je les sens peu concernés par ce qu’ils voient. Et effectivement, le héros a juste l’air d’avoir des vêtements trop larges.

La première belle ellipse du film nous fait découvrir le personnage mesurant 1m20, assis sur un fauteuil trop grand. Le film commence véritablement pour les enfants. Pas de questions sur les trucages. Ils repèrent le scintillement provoqué par la transparence, mais ne l’associent pas à la visibilité d’un effet spécial.

Deuxième ellipse, encore plus belle, lorsque nous retrouvons le héros installé dans un décor à son échelle avant que l’on se rende compte qu’il s’agit d’une maison de poupée ! S’ensuit la célèbre bataille avec le chat. À ma grande surprise, la scène se déroule sans commentaires.

La seconde moitié du film se déroule dans la cave, décrivant la survie du héros dans cet environnement hostile. J’ai alors l’impression que mon public est totalement pris. Lorsque le personnage tente de prélever un peu de nourriture posée sur un piège à souris, chacun retient son souffle. Mais j’avais sous-estimé l’effet ravageur que va causer l’apparition de l’araignée. Deux enfants effrayés quittent la salle, mais reviennent un court instant après. Peu à peu, ils apprivoisent le monstre et parviennent à reprendre le fil de l’histoire jusqu’à sa fin. Bien sûr, l’épilogue philosophique leur échappe.

En conclusion de la séance, je leur demande de me citer une image qu’ils gardent du film. Chaque semaine, je prélèverai cette image et l’afficherai dans la salle. Je suis surpris que deux enfants sur quatre choisissent le plan sur le nuage que va traverser le héros et déclencher le rétrécissement. C’est une image abstraite, que l’on pourrait oublier et qu’ils ont pourtant retenue.