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Entretien avec Julia Murat À propos de Historias

Le 18 juillet 2012 sort en salles le premier long métrage de Júlia Murat : Historias. Après une compétition officielle au festival Cinélatino, Rencontres de Toulouse 2012, le film se retrouve en compétition en juillet au Festival Paris Cinéma. C’est à Toulouse que s’est faite la rencontre avec la réalisatrice et dont témoigne cet entretien.

Pourquoi avoir choisi ce titre de film ?
Dans le dialogue du film, il y a une des personnes du village qui dit à une autre « il y a des histoires qui n’existent que lorsque l’on s’en souvient », et l’autre rétorque « oui on s’en souvient que lorsque l’on a les yeux fermés ». Cela élève le film au rang des fables, comme une idée magique que l’on raconte de génération en génération.

C’est un village qui existe, et qui est oublié en même temps…
L’idée c’était de mélanger le documentaire et la fiction magique. C’est un peu travailler le quotidien, les images et les lieux qui sont réels, et en même temps introduire cette présence fantomatique. Un mélange très difficile à obtenir parce que par moment il était trop empreint de magie ou… de naturel.

Pourquoi avez-vous choisi le sud-est du Brésil ?
J’ai une attache particulière, mon père habitait dans cette région, et j’y suis allée en vacances pendant mon enfance. C’est la même atmosphère abandonnée que le village de Jotuomba, car c’est une région qui était très riche grâce aux plantations de café mais qui s’est retrouvée isolée lorsque les trains ont cessé de la traverser.

Quelle est la place de la photographie ?
J’ai commencé ma recherche théorique sur le narratif de la photographie quand j’étais aux Beaux Arts, en le distinguant de celui du cinéma. Je l’ai concrétisé dans mon film en incluant une personne extérieure qui change la situation du village. J’ai beaucoup travaillé sur les divers aspects de la photo, comme la photo qui révèle l’Homme mais aussi la photo versus la mort, ou la photo comme histoire, mémoire.

Quel message voulez-vous faire passer au sujet de la mort ?
Le sens de la mort a évolué au long de l’écriture du scénario et du montage. On n’a le droit de mourir que lorsque l’on rencontre une autre possibilité. Dans ce cas-là, c’était Rita, c’était ça notre idée de départ. Je pense qu’on a opté pour quelque chose de plus poétique et de plus ouvert : il y a des spectateurs qui pensent que les habitants sont des fantômes, d’autres qui pensent que Madalena attendait la mort, et ainsi de suite. Mais je pense que tout le monde perçoit la sensation de la mort comme la possibilité d’une libération.

entretien réalisé par Maylis Etchart avec Júlia Murat en mars 2012 au Cinélatino, Rencontres de Toulouse