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Atelier cinéma #19 : Visite de l’exposition Tim Burton à la Cinémathèque Saison 1

Enfin, nous y sommes ! À Paris, d’abord, dans le cadre d’un séjour de trois jours consacrés à faire découvrir la capitale à huit enfants accueillis dans mon institution. Trois font partie de mon atelier cinéma, mais tous ont reçu, pendant deux mois, une initiation à l’univers du cinéaste. Cette démarche initiatique trouvait sa place pendant les temps de classe des enfants avec l’active collaboration de leur enseignante. La visite de l’exposition arrive donc au terme de trois jours chargés de visites diverses. Bref, tout le monde est fatigué avant d’entrer dans la Cinémathèque, quatre heures avant de prendre le train pour Bordeaux.

La visite débute par les dessins de jeunesse de Burton. Les lieux sont faiblement éclairés et les enfants entrent dans le calme, plutôt impressionnés par cette atmosphère particulière. Le groupe se disperse assez vite. Deux enfants restent avec moi et nous nous attardons un moment sur les dessins mais leur nombre, malgré la force se dégageant de chacun d’eux, les décourage. Ils sont quand même intéressés par les dessins concernant les personnages de son livre de contes (l’enfant huître).

Nous arrivons devant la projection d’Hansel et Gretel, court métrage des débuts que je ne connaissais pas. Aux deux enfants, toujours avec moi, je lus à haute voix les sous-titres afin qu’ils puissent suivre le film correctement. C’est d’ailleurs un film incroyable qui nous a sidérés tous les trois. Les dégoulinades de Charlie et la Chocolaterie ne sont rien par rapport à ce suintement permanent de matières colorées. Tous les enfants m’ont parlé par la suite de ce film étrange.

Je retrouve la majeure partie du groupe installé devant une succession d’extraits de ses films. Ce montage fait écho à celui que je leur avais présenté, constitué d’extraits de 11 films de Burton. Les extraits ici choisis étaient parfois les mêmes que ceux que j’avais utilisés. Certains regarderont deux fois l’intégralité du montage.

La dernière partie de l’exposition, offrant un espace pour chaque film, avec objets et dessins, clôt agréablement ce marathon burtonien. Je n’ai plus grand-chose à faire, les enfants se chargeant de commenter la visite et de me solliciter pour vérifier si je reconnais bien qu’il s’agit là de la canne appartenant à Barnabas Collins. L’effet de reconnaissance par rapport à ce qui leur avait été précédemment présenté a fonctionné de façon très positive.

Depuis cette visite, quelques enfants se sont mis à tenter de créer par le dessin différents monstres inspirés de Stain Boy, l’enfant tache (sans doute parce que beaucoup d’enfants accueillis dans mon institution se considèrent comme des enfants tache). C’est peut -tre là le bénéfice inattendu de ce travail sur Tim Burton : avoir déclenché chez certains l’envie d’en faire autant par le dessin.