Rechercher du contenu

Atelier cinéma #18 : Dark Shadows de Tim Burton (2012) Saison 1

Afin de clore cette saison 2011/12 de l’Atelier Cinéma, je proposai aux enfants d’aller voir un film grandeur nature. En l’occurrence, Dark Shadows (plutôt que Moonrise Kingdom également très tentant) s’imposait en tant que point final d’une longue initiation à l’univers de Tim Burton et dans la perspective de notre prochaine visite de la Cinémathèque française qui lui consacre une exposition.

Les enfants étaient très enthousiastes à l’idée de découvrir ce film. L’inconvénient de cette démarche dans le cadre de mon atelier est que je ne pourrai éclaircir pendant la projection certains points de la narration ni les prévenir ou les accompagner en cas de scènes éprouvantes. Je ne pouvais m’appuyer que sur des signes visuels en tant qu’indicateurs d’inquiétude, d’ennui ou d’incompréhension.

Le film commence de façon assez dense dans la quantité d’informations livrées à mes spectateurs. Le baroque visuel les emporte sans ménagement et c’est une entrée en matière assez rude. La partie moderne paraît plus terne. L’ironie et la satire occupent une grande place dans le film et leurs effets échappent pour la plupart aux enfants.

Toutes les références liées aux années 70, et à 1972 en particulier, leur sont incompréhensibles. Ils réagissent par exemple comme Barnabas Collins lorsqu’ils découvrent qu’Alice Cooper est un homme.

Je pense qu’ils ont apprécié les personnages de la famille Collins, en particulier les enfants. Barnabas Collins (Johnny Depp) les fascine fortement sans qu’ils en repèrent la dimension obsolète et l’interprétation distanciée…

Une scène a effrayé mon voisin de gauche. Il s’agit de la deuxième apparition du fantôme précédemment incarné par le petit garçon de la famille. Dès qu’il apparaît à nouveau, mon voisin exprime sa frayeur, ne doutant pas qu’il ne s’agit pas cette fois du petit garçon caché sous le drap. Deux yeux intrigants percent au travers des deux trous du drap. Mon voisin se tasse dans son fauteuil.

Un autre enfant a semblé très impressionné par le film. Il a changé une dizaine de fois de place pendant la projection, la salle étant pratiquement vide, regardant le film debout, les mains agrippées au dossier devant lui.

Après la projection, les enfants ont dit leur plaisir d’avoir vu ce film. Nous avons passé l’essentiel du trajet du retour à essayer d’éclaircir le scénario, les connexions entre passé et présent, et la troublante ressemblance physique des différents personnages féminins.

Une semaine plus tard, je dus m’expliquer avec une mère très mécontente que son fils soit allé voir un film de vampires. J’ai invoqué le travail effectué en amont sur le cinéaste, la dimension morale des films de Burton et la raison d’être d’une séance cinématographique : ressentir des émotions, qu’elles soient de l’ordre du rire, la tristesse ou la peur.