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Atelier cinéma #13 : La Prisonnière du désert de John Ford (1956) Saison 1

Encouragé par leur découverte du western par l’intermédiaire du Fils du désert (leur seule référence en la matière étant Cowboys contre envahisseurs), je proposai aux enfants de visionner l’imposant Prisonnière du désert. Le film sera vu en deux parties, faute de temps de séance.

Avant de commencer, je leur donne quelques pistes afin qu’ils ne soient pas trop perdus dans un scénario passablement complexe pour des enfants. Leur entrée dans le film est facilitée par la reconnaissance de certains acteurs aperçus dans Le Fils du désert : « C’est Robert ! C’est William ! »

Encore une fois, comme j’ai pu le remarquer à chaque projection du film, les enfants sont saisis par les premières scènes fortes : l’arrivée d’Ethan (John Wayne, qui me paraît à chaque fois un peu plus vieux), l’inquiétude avant l’attaque du ranch, le premier affrontement avec les Indiens… Encore une fois, les enfants s’extasient devant des cavalcades ontologiquement cinématographiques.

Malheureusement, les mêmes écueils apparaissent : le contexte historique complexe, les doubles ou triples casquettes de certains personnages et surtout l’abandon rapide de la traque des Indiens ayant ravi Debbie. Le film se balade parfois, prend le temps. Ça ne plaît pas beaucoup aux enfants qui s’impatientent. Pourquoi perdre du temps alors que Debbie est en danger ? Enfin, je pensais que le western était un espéranto compréhensible par tous. Je me rends pourtant compte qu’il porte toutes les valeurs et coutumes de l’american way of life et semble bien exotique pour certains de mes spectateurs.

Ainsi, avec La Prisonnière du désert, je renonce à préciser certaines intrigues annexes et les enfants trouvent toujours une scène intéressante avant qu’ils ne soient complètement perdus dans la narration.

Pour la deuxième partie, la semaine suivante, j’accueillis dans mon atelier un nouveau participant. Les anciens lui ont résumé l’intrigue ainsi : “Un monsieur rentre de la guerre. Il est raciste. Il aime pas les Indiens. Ils se sont fait voler un troupeau. Les Indiens ont tué la famille et enlevé la petite fille. Ils essaient de la chercher pendant cinq ans. Au fil des années, il a peur qu’elle soit devenue indienne.”

Après quelques circonvolutions scénaristiques, les personnages sont à la veille de récupérer Debbie. Les enfants manifestent beaucoup d’appréhension sur la manière dont le film va finir. L’un d’entre eux dira : “Ca me stresse”, puis, quand tout est terminé : “J’ai cru qu’il allait la tuer.”

Pour terminer la séance, nous avons exploré les bonus présents dans l’édition DVD de l’Eden Cinéma. On y trouve deux jeux : l’un pour la compréhension de l’histoire, dans lequel ils furent très mauvais, et l’autre sur les placements de caméra, qui ne leur posa aucun problème.