Rechercher du contenu

Thomas Fouet Secrétaire de rédaction

Le film que vous avez le plus vu :

Edward aux Mains d’Argent, Tim Burton. À 16 ans, jusqu’à trois fois dans la même soirée.

Le film qui est toute votre adolescence :

Edward aux Mains d’Argent, Tim Burton. J’en veux à Burton d’avoir, depuis Sleepy Hollow – et exception faite de Big Fish – sombré dans la redite.

Le film qui vous a donné la révélation de votre cinéphilie :

D’une part, la cinéphilie est un dommage collatéral de mon envie de faire des films. D’autre part, je ne pense pas que la vision d’un film m’en ait donné la révélation. La découverte des Inrocks, en revanche – Tous les mercredis, 15 francs -, a beaucoup joué. Un dossier Cronenberg pour la sortie de Crash, Godard en Une (« Godard, Mozart Fucker »), un entretien avec Carax, dans lequel il racontait qu’enfant, « une sorte de voix off du Bon Dieu » l’accompagnait partout… Il descendait l’escalier, et la voix disait : « Et puis il descendit l’escalier… » Quand la voix est partie, il a fait du cinéma. (Ça m’a paru limpide.)
Et, depuis, cette idée que la critique, quand elle est correctement faite, vaut bien son objet d’étude ; et que celui qui la pratique n’est pas un « médiateur culturel », ni un « relais promotionnel ».

Le film qui vous a le plus traumatisé :

Avant l’âge de 15 ans, trois films m’ont pas mal secoué. Orca (Michael Anderson). Vu à 10 ou 11 ans. Le programme TV avait annoncé, par erreur, un film d’aventures tous publics, option Marineland et féérie aquatique. Résultat, un épaulard furax démolit une maison sur pilotis et boulotte au passage les jambes d’une femme suspendue dans le vide. Hitcher (Robert Harmon). Pour le sort réservé à la pauvre Jennifer Jason Leigh. Benny’s Video (Michael Haneke). Une histoire de pistolet à cochon.

Le classique que vous détestez :

Orange Mécanique, Stanley Kubrick.
Le Pianiste, Roman Polanski.
Le Dernier Métro, François Truffaut.
Out Of Africa, Sidney Pollack.

Le nanar que vous adorez :

À peu près n’importe quel film avec Éric et Ramzy. Pour Éric, surtout. Dans la catégorie nanar oscarisé, Le Patient Anglais, d’Anthony Minghella.

Le cinéaste auquel vous êtes prêt à tout pardonner :

Godard, parce qu’il me semble parfois très seul à exploiter toutes les potentialités du cinéma. À ne pas se contenter d’effets de manche et de petites histoires ; à se poser des questions, autres que celle du rythme, sur le montage ; à ne pas considérer que l’association d’un son et d’une image coule de source ; à chercher à penser, plus que le cinéma, EN cinéma.

Le film dans lequel vous aimeriez vivre :

Celui-ci reste à tourner. Probablement l’un de ces films à faible enjeu, dans lesquels la question consiste à trancher entre la blonde et la brune. Seth Rogen serait mon pote et, en buvant des bières, il m’aiderait à résoudre cet épineux problème. J’éviterais les milieux hostiles, les films dans lesquels il faut tuer ou être tué. J’éviterais surtout les films d’époque, dans lesquels la musique des trente dernières années n’existe pas.

Votre DVD de secours en cas de déprime :

Forgetting Sarah Marshall (Nicolas Stoller). Pour le joli minois de Kristen Bell et les grands yeux de Mila Kunis, la drôle de balourdise de Jason Segel, l’accent improbable de Russel Brand, un dîner au dialogue étincelant, une rupture d’anthologie, un couple de Mormons en voyage de noces, un Dracula en mousse, un karaoké pathétique, la rencontre au sommet du trivial et du romantique. À défaut, Un Jour sans fin (Harold Ramis) fait l’affaire.

La réplique de cinéma qui est passée dans votre langage courant :

Dans Celebrity, Kenneth Branagh (qui s’efforce de bafouiller comme Woody Allen) se retrouve au lit avec une ravissante jeune fille, qui se targue d’écrire et lui dit, le plus sérieusement du monde :
« Tu connais Tchekov ? J’écris comme lui. »
Sinon, cette réplique de Jurassic Park, citée de façon approximative (et en tâchant d’imiter la voix de Jeff Goldblum) :
« Hum… Y aurait-il des dinosaures dans votre parc à dinosaures ? »

La découverte la plus marquante que vous ayez faite par hasard en travaillant pour les Fiches :

Black Blood (Miaoyan Zhang). Loin d’être parfait, le film est traversé par une poignée de séquences plastiquement splendides, qui travaillent une sorte de burlesque à retardement. Un cinéma pataphysique et politique. Pas si courant.

 

Retour au comité de rédaction