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Nicolas Marcadé Rédacteur en chef

Le film que vous avez le plus vu :

Selon la légende, c’est Le Grand blond avec une chaussure noire. Mais en réalité la concurrence est rude. Cette question, dans mon cas, doublonne avec celle du DVD anti-déprime (on en déduira ce qu’on veut). Elle doublonne aussi souvent avec la question sur les nanars (La Boum, Paroles et musique, Les Marmottes, Je vous aime, Rocky III, Les Nanas…), mais pas exclusivement (Un éléphant ça trompe énormément, American Graffiti, La Nuit américaine, Mortelle randonnée, Rocky I, Clara et les chics types, Mes meilleurs copains, Les Bronzés, Breakfast Club, Beau-père, César et Rosalie, L’Incorrigible, Le Magnifique, À nos amours, Elle court, elle court, la banlieue, Little Big Man, Cousin, cousine, La Femme d’à côté…). Dans le cas de tous ces films, les doigts de mes deux mains ne suffisent pas pour compter le nombre de fois où je les ai vus : pour aller au bout, il faudrait que j’utilise mes pieds, puis que j’emprunte au moins une main à ma sœur, qui a vu et revu tous ces films avec moi. Oui, il faut préciser que nous avons eu accès au magnétoscope assez tôt…

Le film qui est toute votre adolescence :

La zone que ça recouvre est floue, et peut en contenir plusieurs. Difficile, donc. Une première chose est sûre, c’est qu’entre 10 et 15 ans, les films, pour moi, existaient d’abord comme affiches : celles publiées dans Première sous forme de… fiches…

Sinon, j’étais un pur produit de mon temps. J’adhérais pleinement, d’une part aux films musclés et sanglants de l’époque (Mad Max, Conan le barbare, Rambo, Terminator, la série des Freddy…), et d’autre part à toute la lignée des films générationnels français de l’époque : de L’Effrontée aux Nuits fauves, via Subway, Le Thé au harem d’Archimed, 37°2 le matin et Un monde sans pitié. J’avais également un gros faible pour les films d’Alan Parker (Birdy, The Wall, Fame, Angel Heart). Enfin, je pourrais dire que ce qui est toute mon adolescence, c’est, toujours entre 10 et 15 ans, le regard circonspect des caissières me délivrant des billets pour des films résolument pas de mon âge : Canicule, Il était une fois en Amérique, Le Diable au corps, Tenue de soirée, ou, à Paris, dans des salles improbables : Trash, More, Deux ou trois choses que je sais d’elle, le Casanova de Fellini… Plus tard j’ai expérimenté le processus inverse quand, vers l’âge de 17 ans peut-être, un type m’a fait de grands yeux ronds en poinçonnant mon billet pour le Cendrillon de Disney…

Le film qui vous a donné la révélation de votre cinéphilie :

Furyo de Nagisa Oshima (Paris, été 1983). Puis, dans la foulée, Fellini Roma, Buffet froid (Blier), Les Uns et les autres (Lelouch) et Coup de cœur (Coppola) : quatre démonstrations tout à fait exemplaires de ce que le cinéma peut proposer pour transformer en Formule 1 le petit tacot de la réalité.

Le film qui vous a le plus traumatisé :

Dans Creepshow, le film à sketchs de Romero, il y a un épisode qui raconte l’histoire d’un type dont l’appartement est peu à peu envahi par des cafards, et qui ne parvient pas à les éradiquer. Dans la dernière image, on voit la chambre à coucher, toute clean. Le type, lui, semble endormi. Mais bientôt un cafard lui sort de la bouche. Puis une dizaine. Puis ce sont des nuées qui s’échappent en lui déchirant la gorge. Bien des années plus tard, quand, dans le premier appartement que j’ai habité à Paris, un cafard est apparu sur le parquet, puis dix, puis des nuées, il est arrivé, de façon assez fréquente, que cette image me repasse par la tête…

Le classique que vous détestez :

Tous ceux dont on sort en disant que les paysages sont superbes. Out of Africa, par exemple, reste un souvenir hautement éprouvant…

Le nanar que vous adorez :

P.R.O.F.S. de Patrick Schulmann (mais je peux le défendre). La Belle histoire (je peux défendre d’autres Lelouch, mais là c’est trop fort pour moi). Je garde aussi un tendre attachement pour Top secret ! et Woody et les robots. Enfin, je dois confesser que j’ai aussi un très bon niveau en Rois du gag.

Le cinéaste auquel vous êtes prêt à tout pardonner :

Bertrand Blier. J’ai passé l’éponge sur La Femme de mon pote et Les Côtelettes, j’ai (oh combien !) réhabilité Mon homme et Les Acteurs : Le Bruit des glaçons finira bien par trouver sa place dans l’une ou l’autre de ces catégories….

Le film dans lequel vous aimeriez vivre :

Pierrot le fou. D’abord parce qu’il y fait beau. Ensuite parce que c’est un film qui donne envie de tout. [photo : Godard]

Votre DVD de secours en cas de déprime :

N’importe lequel des films cités à la question 1. N’importe quel film de Blier sauf ceux cités précédemment (et encore…).

La réplique de cinéma qui est passée dans votre langage courant :

Trop difficile. De même que le corps humain est composé de 70% d’eau, mon langage courant est composé de 70% de répliques de films (c’est une maladie familiale). La plus récurrente est sans doute “Madame Mado, j’présume ?” (Les Tontons flingueurs), puisqu’elle précède rituellement toute conversation avec une cousine qui m’est chère. La plus ésotérique est à mon avis “je préfère encore le lit de camp d’Henri” (L’Année prochaine si tout va bien), dont seuls ma sœur et moi maîtrisons le maniement. Pour le reste se reporter à la liste des films cités en 1, qui sont tous lu-écrit-parlé.

La découverte la plus marquante que vous ayez faite par hasard en travaillant pour les Fiches :

Another Day in Paradise, La Vie ne me fait pas peur, Virgin Suicide, Peppermint Candy : c’était un peu miraculeux d’aller au cinéma sans attendre rien et de tomber sur des trucs pareils…

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