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Atelier cinéma #12 : Coraline de Henry Selick (2009) Saison 1

De temps en temps, il n’est pas nécessaire de parler. Être avec les enfants, les laisser voir et se faire une idée, ressentir le film comme ils le souhaitent est parfois suffisant. Il est rare qu’ils puissent voir chez eux un film dans de bonnes conditions, sans parasitage de la petite sœur, la publicité ou le bruit de fond des parents.

La diffusion de Coraline s’est faite sans appuyer sur le bouton pause. Le film est pourtant très paradoxal. C’est une splendeur visuelle dotée d’un scénario à peine plus complexe que celui du Grand Sommeil. Après l’avoir vu six ou sept fois, je n’en ai toujours pas compris l’intrigue. Il contient, comme les Burton de la grande époque, de nombreux éléments grinçants, si ce n’est glaçants, qui évitent au film d’être inoffensif et d’entrer dans la catégorie indigne des films pour enfants. Le film a une opacité qui peut intéresser mon groupe de garçons pas forcément réceptifs aux aventures d’une petite fille.

Les enfants l’ont vu d’une traite, sans que je leur livre d’explications sur la narration (ce dont je serais bien incapable) ni sur la forme. J’ai préféré qu’ils s’approprient le film d’eux-mêmes, qu’ils puissent déambuler librement dans l’histoire. Comme si le film était un square, avec ses jeux. Je suis assis sur le banc et les regarde jouer. Quand la séance se passe ainsi, les enfants me parlent beaucoup moins du film. Comme si l’absence de dialogue entre nous leur donnait le sentiment qu’ils l’ont vu sans moi, pourtant présent.