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Atelier cinéma #8 : Un monde parfait de Clint Eastwood (1993) Saison 1

À cause de sa longueur, le film fut visionné sur deux séances.

Un Monde Parfait est un film passionnant à présenter en atelier. Passionnant et éprouvant pour l’éducateur et les enfants car il éxige des temps d’explications et de paroles importants afin qu’ils ne soient pas trop sidérés par des scènes parfois remuantes. Le film offre deux fils narratifs parallèles. D’un coté, il y a les « chassés » que sont Butch, le voyou évadé et Buzz, son jeune otage. Leur relation, ce qui les réunit, les sépare est d’une grande force. Eastwood montre de manière lumineuse des sentiments complexes et ambigus. Derrière eux, il y a les « chasseurs », un vieux shérif, une bureaucrate, un homme du FBI. Ces personnages indiffèrent les enfants. Leurs scènes sont statiques et presque uniquement dialoguées.

Pendant le générique, quelques éléments épars (un masque de Casper, des billets de banque, un homme) motivent les enfants pour en trouver le sens pendant la projection. Le film est tendu lorsque le film montre l’évasion de Butch et de son complice malfaisant. Les enfants sont très vigilants mais se demandent un peu pourquoi je leur diffuse ce type de film. Puis, très vite, le type de rapport qui s’instaure entre Butch et Buzz séduit les enfants qui semblent avoir beaucoup de plaisir à suivre ces deux personnages.

Lorsque je demande aux enfants pourquoi buzz choisit de rester avec Butch lorsque se présente à lui la possibilité de s’enfuir, ils me disent que c’est parce que Butch traite Buzz avec respect. Ils expriment une grande jubilation au moment où Butch explique à son complice la différence entre une menace et un fait. Cette scène sera vue et revue. Ils sont sensibles au fait que Butch fume du début à la fin du film.

Un enfant dit que « cela lui fait froid au cœur » de voir la complicité entre les deux fugitifs, pointant ainsi merveilleusement l’ambiguïté de cette relation. J’essaie de faire en sorte que les enfants repèrent la biographie de Butch, en quoi elle éclaire son attitude vis à vis de Buzz et ses accès de violence. Evidemment, la scène de séduction entre Butch et une serveuse déclenche beaucoup de gêne, comme tout scène sentimentale. Heureusement, la réaction de Buzz désarmorce cette gêne.

Après une séquence terrible où la violence de Butch choque les enfants, le film s’achève sur une longue scène élégiaque reprenant les éléments épars du générique. Les enfants ne manifestent aucune impatience ; l’un d’eux dira « c’est beau ». Le dénouement poignant les émeut. En défouloir, la raclée que reçoit l’agent du FBI après avoir abattu Butch est bienvenue. A la fin du film, nous revoyons le générique du début.