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Atelier Cinéma #5 : La Ruée vers l’or, de Charlie Chaplin,1925 Saison 1

Deuxième volet du cycle Chaplin dans l’atelier Cinéma. À leur demande, je projetterai les films de Chaplin dans l’ordre chronologique toutes les deux ou trois séances.

L’image comme contenance. Cette théorie de S. Tisseron semble trouver son application dans ces films. En effet, une fois encore, je constate la grande séduction qu’exerce l’image de Chaplin alors que dans le même temps ils sont loins de saisir toutes les nuances des scénarios. Ils sont biens en présence de Charlot. Ce personnage les fascine et leur fait oublier qu’ils voient un film muet en noir et blanc.

Le film est vu dans un silence attentif sans qu’il y ait beaucoup de rires. La curiosité est très forte lors de la scène de la chaussure. Ils la scrutent, observent les visages creusés par la faim de Charlot et Big Jim et sont fascinés par l’ingestion de la chaussure. Par perversité, je leur indique que la chaussure est en fait en réglisse.

J’insiste au cours de cette séance sur l’intrigue sentimentale et la cruauté de Georgia vis à vis de Charlot. Cette circulation des sentiments, leur évolution entre les deux personnages n’est pas verbalisée ni ressentie. C’est le rire pur qui l’emporte encore une fois même si j’ai pu constater une ou deux montées d’émotion pendant la projection, en particulier lors des scènes dans le bar entre Georgia et Charlot.

Leurs deux scènes préférées, qui ont été revues après la fin du film, sont l’explosion de joie de Charlot lorsqu’il arrache la promesse de Georgia de venir réveillonner, et la maison en équilibre au bord d’une falaise. Pour la première, ils voient Charlot dévaster sa maison de joie et il faut bien reconnaitre que les rires les plus francs des enfants viennent lors de scènes de destruction. Les plumes qui volent, les tables renversées les amusent énormémént. Autre motif d’hilarité, le mécanique, comme l’illustre la scène de la maison. J’entends un rire plus angoissé par la chute éventuelle et cet effet de balancement dans le vide. Lorsque Charlot est suspendu dans le vide, accroché à la porte, les enfants voient tout de suite le trucage (danger) mais ignorent la surimpression assez grossière lorsqu’ils sont sur la neige (sauvés).

Le film s’achève avec un Charlot millionnaire. Les enfants me demandent si, au début du prochain film qu’ils verront, il le sera toujours…