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Atelier Cinéma #3 : The Kid de Charlie Chaplin (1921) Saison 1

La popularité des films de Chaplin auprès des enfants est toujours étonnante. Ses films ne passant plus à la TV, cette génération grandit sans connaître le personnage. Il s’agit donc d’une rencontre par le biais du DVD.

Pour cette séance, j’ai répondu à la demande d’un ancien de l’atelier qui souhaitait voir (et montrer à ses camarades) un film de « Chapling ». J’avais déjà diffusé Le Cirque, La Ruée Vers l’Or et surtout Les Temps Modernes, leur préféré. Pour ceux qui découvrent, il y a toujours une réticence à voir un film muet, en noir et blanc. Heureusement, la restauration récente des films permet une diffusion dans de bonnes conditions et ces préventions disparaissent après cinq minutes.

Le début du film est lent, lourd. L’errance de la mère déchue car « fille mère » (avec incrustation d’une image du Christ portant la croix) n’aide pas à l’adhésion de mon jeune public. L’apparition de Charlot et sa rencontre avec le bébé arrachent quelques sourires, sans plus. Les enfants ne lisent pas d’eux même la psychologie du personnage, ses affects au travers de ses mimiques. Ils ne repèrent donc pas le cynisme de certaines situations. pour eux, chaque posture ou grimace est une action. Un enfant est séduit par le personnage, sa moustache, sa démarche…

L’intérêt augmente lorsque l’enfant a cinq ans. Le quotidien des deux personnages est scruté avec attention. La modestie des lieux les impressionne. Les marques d’affection avec baisers sur la bouche les choquent. Les séquences du vitrier les amusent, puis un éclat de rire général accompagne la bagarre du Kid contre un autre enfant, puis de son grand frère avec Charlot. Le rire est franc et massif.

La scène de tentative de séparation de Charlot et du Kid est bizarrement ressentie par les enfants qui en ignorent totalement le caractère pathétique. Le rire l’emporte sur l’émotion. La lutte de Charlot pour récupérer l’enfant est joyeusement observée mais les pleurs de ce dernier complètement ignorés. Comme s’il était difficile de ressentir deux émotions contradictoires. Il est vrai que celles ci se percutent et sont indissociables dans cette scène.

Le passage dans l’asile de nuit les amuse aussi beaucoup mais malheureusement le film s’achève avec la rèverie de Charlot autour du Paradis et de l’Enfer, séquence assez plate, qui les laisse relativement indifférents.

La courte durée du film le permettant, je leur proposai de revoir des séquences de leur choix. La scène de la bagarre occasionna les mêmes rires. Puis la nouvelle vision de la tentative de séparation est mieux comprise même si le rire est majoritaire. Beaucoup se sont demandés ce que l’enfant pouvait bien dire lorsqu’il est sur le camion, en pleurs, les bras tendus. Ce retour sur des extraits du film donna naissance à une espèce de karaoké cinématographique puisque les enfants se mirent à improviser des paroles sur les mimiques des personnages (dont la supplique de l’enfant).

D’autres films de Chaplin furent demandés pour les prochaines séances.