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Atelier Cinéma #2 : Max et les Maximonstres de Spike Jonze (2009) Saison 1

Je n’avais vu le film qu’une fois avant de le présenter en atelier. Sa douceur, sa beauté et sa complexité m’ont paru intéressantes à travailler avec les enfants.

Les grafittis qui parasitent le générique du début sont appréciés. J’insiste sur la traduction littérale du titre original : là où sont les choses sauvages. Durant les premières scènes, ils sont attentifs et intrigués. Je me rends compte qu’ils se demandent où le film veut en venir. Jusque là, nous avons vu déambuler Max, désœuvré, en quête de relation. Il est temps que l’action commence car le public s’agite un peu…

L’intérêt est capté quand Max met son costume, monte sur la table et demande d’une voix autoritaire à manger à sa mère. Les enfants réagissent, rires nerveux. Une question se pose : quel est le costume que porte Max ? Renard, tigre, ours ?

Arrivé sur l’île des monstres, Max, comme les enfants découvrent un monde singulier. Le silence est attentif mais aussi déconcerté. Je sens une perte des repères : l’apparence des monstres, leurs voix d’une grande douceur et ces décharges de violences dont pâtissent les arbres de l’île. Ces dernières sont rythmées par les rires des enfants. Ils ne font aucun commentaires sur les monstres.

Ils sont par contre séduits par le décor du film et ne cessent d’exprimer leur admiration devant la maquette de Carol, l’un des monstres (comme ils exprimeront leur peine de voir la maquette détruite plus tard par le même Carol), ainsi que le palais, fait de bois tressé, construit sur les ordres de Max. Ils manifestent leur jubilation devant la bataille de boules de terres, sa violence, et un enfant fait le lien avec la bataille de boules de neige du début de film. Un épisode particulièrement déconcertant est le bras arraché d’un monstre par un autre. J’ai ressenti un mouvement de surprise devant la soudaineté de l’acte, le sable qui s’écoule de la blessure et un grand éclat de rire rassurant lors de la réplique du monstre : »C’était mon bras préféré ».

À ce moment de la projection, j’ai l’impression que les enjeux du film sont ressentis mais pas verbalisés. Un indice m’indique qu’il se passe quand même quelque chose quand Max dit à Carol qu’il est ingérable. Un enfant relève que c’est la phrase dite à Max par sa mère lors de son caprice initial. L’absorption de Max par un monstre est vue dans un silence total.

À la fin du film, j’ai repris une scène du début, quand Max est couché dans sa chambre et joue avec un petit bateau. Les enfants découvrent alors nombre d’indices sur ce qui va suivre. Un petit objet tressé, sur sa table de chevet est repéré car il ressemble aux constructions de l’île. Ils se mettent alors à tenter d’interpréter certains détails à l’aune de ce qu’ils ont vu par la suite.

Une deuxième vision du film serait profitable car il semble agir lentement mais profondément, passé un temps d’adaptation. J’espère qu’ils en feront la demande.