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Atelier cinéma #1 : Les 400 coups de François Truffaut (1959) Saison 1

Film originel de ma cinéphilie, j’ai choisi Les 400 Coups pour ouvrir la saison 2011/12 de l’atelier cinéma.

Le générique est assez long. Paris est vite identifié par les enfants mais la musique mélodramatique amène quelques mouvements d’impatience. La première scène capte tout de suite les enfants malgré un des signes les plus évidents du vieillissement du film et de son manque de lisibilité ponctuel auprès d’un jeune public : son usage ironique et abusif du littéraire. Au début donc, Doinel se fait prendre par son maitre, Petite Feuille, avec un calendrier illustré d’une pin up. Il va au coin et écrit sur le mur son désir de vengeance. Petite Feuille le surprend et dit :  » Nous avons un nouveau Juvenal dans la classe ! Mais il est incapable de distinguer un alexandrin d’un décasyllabe. » Ce qui est totalement incompréhensible pour les enfants. Comme l’adulation d’Antoine pour Balzac et sa tentative de plagiat. Lors de ces scènes, je dois paraphraser le film, le sous titrer en langage d’aujourd’hui. Lorsque le film s’appuie sur les bons mots ou les mots d’enfants, ceux ci sont largués. Sauf cette phrase dite lorsque Doinel est dans le centre de rééducation : « Ah, tu sais, ici c’est interdit de s’évader, c’est interdit de se faire prendre… » Ils l’ont saisie intuitivement et elle a généré quelques commentaires.

La plus grande force du film auprès des enfants tient à ses scènes documentaires quasi muettes, décrivant le quotidien d’Antoine lorsqu’il met la table, fait ses devoirs… 28500 Le climax du genre est bien sur la scène de la gifle donnée à Antoine par son père dans la salle de classe. Tous les enfants la reçoivent, ont un mouvement de recul. La mise en scène de Truffaut est implacable. Nous recevons tous cette gifle. Comme celle du surveillant dans le centre de rééducation. ces gifles remettent les enfants en état de vigilance.

L’arrestation d’Antoine, la procédure de son incarcération minutieusement reconstituée est le grand triomphe du film auprès des enfants. L’émotion joue toujours malgré quelques facilités mélodramatiques qui font tiquer les adultes. Les enfants, eux sont émus ; une larme a percé ce jour là (sur la joue d’un enfant qui avait déjà vu le film).

La longue course finale d’Antoine crée une attente, déçue un court instant par son manque de résolution : les enfants détestent les fins ouvertes. Cette déception est atténuée lorsque je leur rappelle qu’Antoine avait dit plus tôt qu’il n’avait jamais vu la mer… d’autre part le regard caméra de la fin du film clot de façon idéale la séance. Un contact se fait entre Antoine et les enfants.