Rechercher du contenu

RENTRÉE STUDIEUSE : les grands festivals internationaux Fiches du Cinéma n°1954-55 du 2 septembre 2009

RENTRÉE STUDIEUSE

Giuseppe Tornatore, à Venise

Année après année, le cinéma donne l’impression de ne plus prendre de vacances. Cet été, les distributeurs se sont autorisés de petites baisses de régime (au début du mois de juillet) avant d’être aux abonnés absents mercredi 2 septembre (seulement 7 films)… Et, comme vous pouvez le voir avec ce numéro, ça repart de plus belle, et sans interruption jusqu’aux fêtes de Noël. Si vous misiez sur
une petite accalmie pour partir en vacances sans rien rater de l’actualité, accrochez-vous : 160 films sont encore annoncés pour 2009. Le mois de septembre, traditionnellement ingrat pour la fréquentation des salles, n’a pas tout perdu de son identité, puisqu’il se caractérise toujours par son déluge de grands festivals : Venise, Deauville, Toronto et San Sebastian…

Dans le cas de Deauville, difficile de se faire par année une idée de ce que sera la compétition, puisque celle-ci n’a pas pour principe de servir de rampe de lancement pour des titres attendus, mais de mettre le pied à l’étrier à des auteurs inconnus et d’offrir une exposition médiatique à des projets inattendus ou fragiles (Harisson Montgommery, Cold Souls). C’est aussi l’occasion, pour des films déjà présentés dans d’autres festivals (Berlin, Sundance, Cannes) d’aller à la rencontre du public français : ce sera donc le premier tour de chauffe pour des œuvres aussi diverses que Precious [sortie le 10 mars], l’attachant Humpday ou Sin nombre [21 octobre], première grande surprise de cette sélection. La section des premières s’attache, quant à elle, à jouer les vitrines pour des projets plus luxueux : de la comédie romantique (La Proposition, 500 jours ensemble [30 septembre]) à la blaxploitation (Black Dynamite) en passant par l’action pure (Ultimate Game) et la science-fiction (District 9). Quant aux vedettes, outre Matt Damon pour
The Informant [30 septembre] (le quatrième film de Steven Soderbergh à sortir cette année !), on retrouvera Harrison Ford, invité d’honneur du festival, ainsi que Robin Wright Penn et Andy Garcia, qui feront l’objet d’hommages et qui seront à l’affiche, respectivement, de l’étrange Pippa Lee [11 novembre] et de City Island.

Si Deauville peut se réjouir d’accueillir les avants-premières d’une grande variété de films, l’idée donne des frissons aux organisateurs du festival de Venise. Privé de marché du film en raisons d’infrastructures limitées (contrairement aux trois autres mastodontes que sont Berlin, Cannes et Toronto), la doyenne des réunions cinématographiques lutte en coulisses. Car si la sélection est attrayante et éclectique – P. Chéreau, F. Akin, C. Denis, M. Placido, J. Van Dormael, M. Moore, T. Solondz, G. Romero ou W. Herzog sont en compétition -, le festival souffre de l’absence d’une plateforme commerciale dédiée, qui pousse les grands studios à ne proposer au festival que des projets dont la promotion serait imminente, le privant, dès lors, de titres en partance pour ce qui est désormais son ennemi juré : Toronto, qui s’est décalé cette année d’une petite semaine ! Venise devra se consoler avec la première visite de Jacques Rivette (en 50 ans de carrière) et avec Baarìa de G. Tornatore, premier film italien à faire l’ouverture depuis 20 ans !

Michael Ghennam