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Entretien avec Inés Efron, Manuela Martelli et Nahuel Pérez Biscayart Les jeunes espoirs d'amérique latine

Nahuel Pérez Biscayart, Inés Efron et Manuela Martelli restectivement âgé de 22, 23 et 25 ans, tous acteurs, figurent parmi les jeunes espoirs d’Amérique latine.

Si Nahuel Pérez Biscayart est encore peu connu du public français (les films dans lesquels il a participé sont encore inédits en France), espérons qu’il ne le sera plus car à travers les films programmés à Toulouse (Tatuado d’Eduardo Raspo, Cara de queso d’Ariel Winograd, Glue d’Alexis Dos Santos et Familia lugones de Paula Hernández), il a réussit avec talent à démontrer la diversité de ses registres.

Inés Efron, actrice argentine s’est fait beaucoup remarquée l’an dernier par sa prestation inoubliable dans XXY de Lucía Puenzo (sorti en France le 26 décembre 2007) après que le film reçut une pléiade de prix lors à Cannes au sein de la Semaine de la Critique. D’ailleurs, cette année Inés Efron revient à Cannes et pourrait venir franchir les marches du tapis rouge à l’occasion de la projection de La Mujer sin cabeza de Lucrecia Martel en compétition officielle.

Manuela Martelli est connue en France pour deux films chiliens inoubliables : B-Happy de Gonzalo Justiniano et Mon ami Machuca d’Andrés Wood. Il reste à découvrir de cette actrice décidée toute une filmographie dont Como un avíon estrellado de Ezequiel Acuña et Malta con huevo de Cristobal Valderrama (tous deux programmés aux Rencontres) constituent un bon exemple de ses goûts éclectiques en matière de rôle, alternant entre comédie loufoque, chronique sentimentale et film historique et social.

Ce travail d’acteur marque-t-il pour vous l’entrée dans la réalité adulte du monde du travail et de ses responsabilités ?

Nahuel Pérez Biscayart : Je ne vois pas ce que je fais dans le cinéma comme un travail. C’est un travail qui me rapporte certes de l’argent, mais il y a également beaucoup de plaisir à jouer. Ce n’est donc pas un travail vécu comme un labeur, comme une somme de sacrifices. Je vois davantage cela comme l’accomplissement d’un rêve d’enfant. Mais je suis super responsable. Travailler avec des personnes qui ont plus de 30 ans m’apporte beaucoup. Je ne vois pas du tout mon travail d’acteur comme une entrée dans la vie adulte. C’est un peu comme un jeu qu’un réalisateur est en train de filmer et je trouve cela très divertissant. Je ne me sens pas exploité par un patron abusif. Je fais un rôle parce qu’il me plaît de le faire.

Est-ce que les rôles que vous interprétez vous aident dans votre cheminement personnel ?

Manuella Martelli : je crois qu’un exemple très concret se trouve dans le film que je viens de finir il y a quelques semaines. C’est en effet l’histoire d’une jeune qui passe à l’âge adulte (Sonetàula de Salvatore Mereu). J’ai fait un cheminement parallèle entre ma propre vie et mes rôles, puisque jusqu’ici je n’avais interprété que des rôles d’enfant ou d’adolescente.

Inés Efron : C’était pour moi plus facile d’interpréter des rôles d’adolescente que d’adulte, parce que c’est ce que je connaissais le mieux. Cette année, dans Amorosa soledad (de Martín Carranza et Victoria Galardi), j’ai interprété le rôle d’une jeune femme de 25 ans qui vit seule et travaille beaucoup. Ce rôle m’a beaucoup influencé, comme la plupart de mes rôles d’ailleurs.

Est-ce qu’au bout de certains films vous vous sentez enfermées dans les mêmes rôles que l’on vous propose ?

Inés Efron : Je crois que si les réalisateurs me proposent les mêmes rôles c’est qu’il y a en moi des traits de caractères qui méritent d’être encore exploités ainsi dans d’autres films. Cela démontre encore mon aptitude à interpréter un certain type d’identité. Cela ne me dérange donc pas de poursuivre dans les mêmes rôles.

Manuella Martelli : Je pense que cela ne se passe pas ainsi pour moi, à part le fait d’interpréter une adolescente chilienne.

Quels sont vos critères pour refuser un scénario ?

Manuella Martelli : Je lis un scénario et tout simplement je le refuse parce qu’il ne me plaît pas.

Inés Efron : Parfois je connais le réalisateur et je sais d’avance qu’il n’y a pas entre nous de complicité et je refuses alors le scénario.

Que pensez-vous du rôle d’ambassadrice de vos pays et de vos cinématographies respectifs que l’on vous propose de jouer ici ?

Manuella Martelli : C’est vrai que le cinéma permet de faire la découverte d’un pays d’une manière très vive : c’est incroyable comment on peut connaître un pays grâce au cinéma, comment on peut faire des liens d’un pays à un autre grâce aux films… Je ne connais pas d’autres manières qui permettent de transmettre ainsi sur une autre culture.

À cet égard, pensez-vous que les films présentés lors de ce festival offre une bonne image de la diversité du cinéma en Amérique latine même ?

Manuella Martelli : Même si un film n’a pas l’ambition de montrer l’histoire d’un pays, il offre un regard sur ce pays. Et c’est ce qui est le plus important.

Traduction de Maria Ramos de Castro
Propos recueillis par Cédric Lépine