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M:i:III La conférence de presse du premier évènement de mai

Avant la sortie en salles de M:i:III, une partie de l’équipe du film était à Paris pour une conférence de presse… Absence notable, celle de la vedette Tom Cruise, parti visiter la capitale avec ses enfants… Mais ce fut l’occasion de laisser la parole au génie J.J. Abrams (créateur des addictives séries « Alias » et « Lost »), derrière la caméra de ce troisième opus, accompagné de l’actrice Michelle Monaghan et de la productrice Paula Wagner. Compte-rendu.

De l’action aux personnages

J.J. Abrams : Je suis, bien sûr, heureux d’avoir pu faire M:i:III lorsque Tom Cruise me l’a proposé. Pour moi, c’était l’occasion de faire la version de « Mission : Impossible » que je n’avais pas encore vu à l’écran : celle qui montrerait la vie de l’homme derrière l’espion. Je veux savoir ce qu’Ethan Hunt fait quand il rentre chez lui, comment est sa femme et ce qu’elle fait, si elle est consciente de la vie qu’il mène. Mais aussi comment Ethan vit le fait de la trahir constamment.

Les femmes

(l’ami J.J. est soupçonné par un confrère de s’acharner sur « le sexe faible »)

J.J. Abrams : Je suis sadique, mais avec tout le monde ! (rires) Il faut savoir que dans « Alias », le fiancé de Sydney Bristow (Jennifer Garner) est assassiné dans l’épisode pilote. Dans M:i:III, Ethan Hunt est torturé. Pour ce qui est de « Lost », il était nécessaire de plonger dans la noirceur pour remonter vers la lumière. Il fallait être pessimiste pour être ensuite optimiste. Ce traitement est extrèmes est présent dans M:i:III. Dans le cas précis des femmes, mes personnages féminins ne sont pas des femmes objets, et ne se limitent pas à être de jolies femmes : ce sont des femmes fortes, égales à leurs confrères masculins (Keri Russell, Maggie Q). Le cas de Michelle Monaghan est intéressant : au déut du film, elle est « normale », mais à la fin elle prend toute sa dimension en devenant en quelque sorte l’héroïne du film.

Michelle Monaghan : La transition [d’une jeune infirmière rangée à une tueuse de sang froid] que connait mon personnage était ce qui m’intéressait le plus dans le rôle. Julia va jusqu’au bout par amoir, elle est la preuve qu’on peut être capable de tout dans des circonstances extraordinaires.

Un blockbuster sur le couple ?

J.J. Abrams : M:i:III montre ce qui se passe dans un couple lorsque l’on est pas honnête avec les gens qu’on aime. Ethan Hunt nie le fait qu’il mente à sa femme, pourtant il lui cache tout un pan de sa vie. La fin est intéressante car elle montre Julia plutôt heureuse de rencontrer les collègues d’Ethan à l’Impossible Mission Force, alors que pour Ethan elle représentait sa vie en dehors de l’univers des espions.

La scène la plus difficile

J.J. Abrams : C’est simple, c’est celle juste après le générique de début, et qui se termine avec celui de fin… (rires) Plus sérieusement, le plus difficile était tout ce qui touchait à l’histoire d’amour dans le film. Les scènes d’action relevaient du challenge, mais le défi était les scènes plus intimes, où deux personnes se parlent simplement entre elles. Il fallait que le public puisse y croire.

Le choix du réalisateur

Paula Wagner : Il n’y avait rien d’innocent dans le choix de J.J Abram. Tom Cruise a reçu la première saison d’ « Alias » en DVD, et l’a regardé entièrement en 2 jours… Il a ensuite appellé J.J. pour lui demander de tourner M:i:III. Nous étions séduit par la conception de la série : chaque épisode est envisagé comme un long métrage, et unique dans sa structure.

Le thème musical

J.J Abrams : C’était atroce car, pendant le tournage, tout le monde avait la petite musique comme sonnerie de portable, et j’ai fini par l’interdire ! (rires) Je tenais évidemment à utiliser la musique quelque part, et pendant deux mois, Michael Giacchino [compositeur attitré de Abrams] et moi avons étudié toutes les possibilités. Le choix s’est finalement porté sur la séquence qui suivait l’opération au Vatican, qui représente une victoire pour l’équipe. Je suis aussi très content d’avoir pu incorporer une autre musique de la série originale (chantonne joyeusement) qui était ignorée dans les premiers opus.

Les cascades

Paula Wagner : Je connais Tom depuis longtemps, et j’adore qu’il fasse ses propres cascades. Il se comporte comme un vrai cascadeur professionnel : on s’inquiète forcément, mais il est très précis et étudie tout de A à Z.

J.J. Abrams : Le fait qu’il fasse ses propres cascades, ajouté au fait que j’aie réalisé M:i:III avec son accord prouve que cet homme est fou ! (rires) Tom faisait des choses très compliquées, j’adorais ça mais en même temps j’étais très inquiet… Je m’imaginai déjà les unes des journaux : « Un jeune réalisateur tue Tom Cruise !!! » (rires) Mais à mes yeux, cela rend le film meilleur, car Tom n’est pas seulement cascadeur : il est acteur, il peut jouer pendant les cascades. C’est ce qui m’a le plus impressionné.

Les séries TV, une source incontournable de créativité ?

J.J. Abrams : Il y a effectivement une vague opportuniste des séries à la télévision, qui voudrait qu’on soit ouvert aux plus créatives et originales. Pour « Lost », beaucoup de gens ont dit que ça n’allait jamais marcher (concept trop compliqué, trop de personnages). On s’est battu, avec Damon Lidelof, parce que c’est ce qu’on voulait justement voir à la télévision. Pour M:i:III, tout s’est passé très vite, et Tom m’a laissé toute latitude créative ! À la télévision, on a de bonnes idées, mais on est noyé par les notes des producteurs…

Paula Wagner : J.J. raconte ses histoires de manière assez unique, sans hésiter à modifier la structure du film, et à se reposer sur ses personnages : chacun d’eux a sa propre histoire. C’est ce qui me fascine dans sa façon d’écrire.

La logique de la série

Paula Wagner : Dès le début, nous avions un objectif précis avec Tom : chaque film (et son histoire) devait être indépendant, avec un réalisateur et un point de vue différents. M:i:III est la vision de « Mission : Impossible » par J.J. Abrams.

J.J. Abrams : Tom m’a signifié que ma mission, en acceptant de faire le film, était de faire ce que je voulais. Dans les deux premiers films, on n’apprenait presque rien d’Ethan Hunt. On savait, grâce au premier, que ses parents étaient morts. Dans le deuxième, on découvrait sa passion pour les montagnes… (rires) Mais en dehors de ça, on ne connait que la mission ! Dans la série TV, j’adorais le principe du travail d’équipe. On en voyait une esquisse dans le premier film, mais toute l’équipe était très vite tuée. Au niveau du personnage, j’ai pu recommencer à zéro, car on ne sait que peu de choses de lui.

Les fidèles de J.J.

J.J. Abrams : Vu les délais, il était très important de pouvoir travailler dans une sorte de « langage codé », avec des gens de confiance. D’où l’intérêt de retrouver des membres de mon équipe technique (Giacchino), ou des acteurs parmi lesquels Greg Grunberg, que je connais depuis l’enfance et dont je n’arrive pas à me débarrasser ! (rires)

Et Tom Cruise ?

J.J. Abrams : Si Tom envisage une suite, pourquoi pas ? Mais à la fin du film, Ethan a le choix entre son travail et la vie de famille… Trouvera-t-il un équilibre entre vie de couple et vie professionnelle ?