vendredi 4 janvier 2008, par
Photographe, Lili est engagée par la mairie de sa ville et envoyée à Agnam, petit village du Sénégal, pour promouvoir en images le jumelage des deux villes. Là-bas, le contact s’effectue facilement, même si Lili ne parle pas la langue peule et que les habitants d’Agnam, notamment les femmes, sont un peu choqués par sa condition de trentenaire célibataire et sans enfants. Elle noue une relation d’amitié muette avec une jeune femme, Aminata. Puis la mission s’achève, et Lili repart. Mais, de retour en France, elle a du mal à reprendre son mode de vie antérieur.
Chantal Richard a voulu à travers ce film raconter sa propre histoire, et les liens qu’elle-même a noués au Sénégal. Lili et le baobab garde d’ailleurs une dimension très personnelle, voire intime. Cette volonté de transmettre son expérience se retrouve dans le choix de ne pas sous-titrer les dialogues en peul, ce qui permet au spectateur de s’identifier facilement au personnage. Romane Bohringer tient entièrement le film sur ses épaules. Du coup, sa présence un peu écrasante, contribue à reléguer au second plan le “peuple de l’ombre” : les femmes, à qui la réalisatrice a poutant voulu rendre hommage. Loin du documentaire ou du film militant, Chantal Richard a voulu que ce premier long métrage soit simplement l’histoire d’une rencontre, au risque de rester à la surface des choses.
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En effet, le reproche que l’on pourrait lui faire serait de s’en être tenue aux bons sentiments, et à une vision très occidentale de la “généreuse Afrique”. Son héroïne ne rencontre aucune embûche dans son geste solidaire, bien qu’elle soit une femme au sein d’une société patriarcale. L’argent et les bons sentiments semblent pouvoir tout arranger, même si en fin de compte l’acte de solidarité reste limité à une petite échelle. La valeur exemplaire du geste, que la réalisatrice a voulu transmettre, édulcore sans doute la réalité, et le film donne l’impression de ne pas oser s’attaquer au fond des problèmes. Lili et le baobab demeure cependant une fable plaisante et optimiste, dont on garde un agréable souvenir.

Marie Ménager
de Chantal Richard
Avec : Romane Bohringer (Lili), Aminata Zaaria (Aminata Ly), Saïdou Abatcha (Moussa), François Delaive (Fred), Mamadou Ly (Abou), Marie Pillet (la mère de Lili), Albert Delpy (le maire), Airy Routier, Estelle Benoît et Fabien Poicheval (les copains de Lili), Jean Luisi (l’homme blanc du foyer), Sada Dembele (Samba), Oumar Bâ (le marabout), Moussa N’Diaye et Harouna Ly (les représentants du village), Samba Yaya Ly (le chef du village), Hawa Kane et Kardiatou Sall (les femmes de Moussa), Hadjia Dia (la jeune fille du Télécentre).
France, 2006.
Durée : 90 min
Durée totale du DVD : 144 min
Sortie cinéma (France) : 3 mai 2006
Sortie France du DVD : 20 septembre 2007
Format : 1,66 - Couleur - Son : Dolby Digital 5.1.
Langue : français - Sous-titres : anglais.
Boîtier : Keep Case
Prix public conseillé : 24,85 €
Éditeur : Insomnia Vidéo
Collection : Regards du Monde
Distributeur : Zalys Distribution
Bonus :
Un documentaire inédit Jokkondiral, une histoire d’alliances (52 min) de Valérie Mégard sur le tournage du film (en français et en anglais).
Diaporama de 21 photos du tournage
Bande annonce du film (en français et en anglais)
Portfolio de 8 photos par le photographe Emmanuel Rioufol