dimanche 5 août 2012, par
Un orage éclate pendant la répétition d’un orchestre, les partitions s’envolent. Goshu, le jeune violoncelliste, arrive en retard. Lorsqu’il joue, il joue faux et le chef d’orchestre le lui fait remarquer. Les musiciens s’en vont, et il reste seul, malheureux. Il rentre chez lui et s’exerce sous le portrait de Ludwig Van Beethoven. Un chat tricolore frappe à la porte. Goshu lui ouvre et le chat lui offre des pommes. Puis il lui donne des conseils sur l’état d’esprit dans lequel il doit jouer. Goshu joue encore très mal. Le chat, épouvanté, éclate d’un rire dément. Puis arrive un coucou qui, lui aussi, trouve bien mauvais le jeu de Goshu.

Isao Takahata est connu en France pour avoir réalisé Le Tombeau des lucioles (1988) et Mes voisins les Yamadas (1999), récents films d’animation. Leur succès a permis que soit distribué Goshu le violoncelliste dans les salles en 2001 qui leur est bien antérieur. C’était son premier film, inspiré par la tradition japonaise après des séries "européennes" comme Heidi. C’est la transcription à l’écran d’un texte de Kenji Miyazawa, un des auteurs les plus importants de l’histoire intellectuelle du Japon et dont les nombreux contes et poèmes pour enfants figurent dans tous les manuels. Il a fallu six ans au réalisateur pour mettre en image cette nouvelle : les décors ont été réalisés au pastel et l’animation des doigts de Goshu quand il joue est époustouflante. Le résultat plastique est à la hauteur de tant de travail : très beau. L’adulte venu accompagner un enfant en aura du plaisir. Espérons que le jeune public, déformé par le rythme trépidant des produits qui lui sont habituellement destinés, ne boudera pas un film un peu lent. Il sera sensible, on l’espère, à cette histoire originale d’initiation où la maîtrise n’est pas acquise par la violence mais par l’écoute des autres (les animaux) au service d’un idéal (la musique). Musique, chargée d’une mission vitale (la transcription de La Pastorale guérit le souriceau) et non produit de consommation périssable. Tant d’originalité, visuelle, musicale, et morale tranche agréablement sur la production télévisuelle de films aussi laids que mièvres destinés aux enfants.
Claude Rotschild
Serohiki no Goshu
de Isao Takahata

Japon - 1981.
Durée : 62 min
Sortie cinéma (France) : 5 décembre 2001
Sortie France du DVD : 10 novembre 2007
Format : 1,33 - Couleur - Son : 2 .0. Mono
Langue : français - Sous-titres : aucun.
Boîtier : Keep Case
Prix public conseillé : 19,90 €
Éditeur : Les Films du Paradoxe
Distributeur : Les Films du Paradoxe