dimanche 1er juillet 2012, par
Anders se réveille dans le lit d’une femme. Il sort, va errer dans une forêt non loin et tente de se suicider, sans succès. Il va au centre de désintoxication dans lequel il vit et y reste un moment avant de retourner à Oslo pour un entretien d’embauche qui est recommandé dans son processus de réhabilitation. Avant le rendez-vous, il rencontre Thomas, un vieil ami, maintenant devenu père de famille, à qui
il confie ses pensées suicidaires. Thomas le rassure et, avant de le laisser, l’invite à une fête pour l’anniversaire d’une amie commune, plus tard en soirée. Anders essaie d’appeler une ancienne compagne, mais ne reçoit aucune réponse. Il va à un restaurant où il doit rencontrer sa sœur, mais celle-ci ne vient pas.

À partir de son protagoniste, auquel il colle à la peau une journée durant, Oslo, 31 août fait à la fois
le portrait, spécifique, d’un ex-toxicomane en réhabilitation mais incapable d’entamer sa nouvelle vie, et celui, universel, de sa solitude. Joachim Trier, dont c’est le deuxième long métrage (après Nouvelle donne en 2006), choisit judicieusement d’ouvrir son film à la façon
d’un documentaire, témoignant des changements qu’Oslo a subis ces dernières années. À partir de ces éléments,
il place son personnage, retenu au même point dans sa vie plusieurs années durant par sa toxicomanie, dans
un environnement nouveau qui le dépasse. Son addiction devient alors nécessaire à la matérialisation de sa solitude et du choix qui en découle : se fabriquer une vie pour laquelle il n’a aucun espoir ou tout abandonner.
Le réalisateur présente cette interrogation comme universelle, chacun des personnages répondant à celle-ci à leur façon. Ce faisant, il n’évite pas certaines facilités :
la simplicité de quelques personnages secondaires leur donne un aspect schématique. Cependant, le regard posé sur ceux-ci est compréhensif et chaleureux, sans jamais être manipulateur ou forcé. La mélancolie qui les habite, elle, apparaît naturellement par la mise en scène. Cette dernière est d’une beauté douce, surtout lors des scènes de nuit, où les dialogues moins abondants laissent la place à des ambiances plus travaillées, centrées sur l’intériorité du protagoniste. Interprété sans faute par Anders Danielsen Lie, le protagoniste apparaît alors fragile, mais totalement lucide, son choix de non-vie devenant compréhensible.
Olivier Bouchard
Olso, 31. august
de Joachim Trier

Avec : Anders Danielsen Lie (Anders), Hans Olav Brenner (Thomas), Ingrid Olava (Rebekka), Øystein Røger (David), Tone B. Mostraum (Tove), Kjærstu Odden Skjeldal (Mirjam), Johanne Kjellevik Ledang (Johanne), Petter Width Kristiansen (Petter), Renate Reinsve (Renate), Anders Borchgrevink (Øystein), Andreas Braaten (Karsten), Malin Crépin (Malin), Emil Lund (Calle), Aksel Thanke (le thérapeute), Iselin Steiro
Norvège, 2011.
Durée : 96 min
Sortie cinéma (France) : 29 février 2012
Sortie France du DVD : 3 juillet 2012
Format : 1,85 - Couleur - Son : Dolby Digital 5.1.
Langues : allemand, anglais, flamand, français, italien, espagnol, japonais, néerlandais, norvégien, polonais, portugais, suédois - Sous-titres : allemand, anglais, coréen, danois, finlandais, français, grec, islandais, italien, espagnol, japonais, néerlandais, norvégien, polonais, portugais, suédois.
Boîtier : Keep Case
Prix public conseillé : 19,90 €
Éditeur : Memento Films
Distributeur : Arcadès
Bonus :
Interview du réalisateur
Revue de presse
Le Certain Regard de Christine Masson
Filmographie du réalisateur
Bande-annonce