mardi 12 juin 2012, par
Alors qu’il fête le baptême d’un de ses petits-enfants, Edmond Vidal, dit Momon, apprend que Serge Suttel a été arrêté par
le commissaire Max Brauner, sous les yeux de sa fille, Lilou. Momon, qui a promis à sa femme, Janou, de ne plus franchir les limites de la légalité, ne veut d’abord pas intervenir. Mais, encouragé par ses amis Christo et Dany, il accepte d’engager une équipe de jeunes pour le faire libérer. L’opération tourne au carnage. Mais Serge, que Momon n’a pas vu depuis dix ans, est libre. Tous deux s’étaient connus à l’école. Ils avaient ensuite fait de la prison ensemble, pour un simple vol de cerises. À leur sortie, ils avaient fondé, avec Christo et Dany, le “gang des Lyonnais”, qui multipliait les braquages à la barbe de la police. Puis ils avaient été tous arrêtés, suite
à une dénonciation, qu’ils attribuaient à l’un des leurs : le Grec.

Avec Les Lyonnais, Olivier Marchal a changé de camp : de l’univers sombre de la police, il passe cette fois à celui des bandits, en illustrant la vie d’Edmond Vidal, ex-chef du gang des Lyonnais. Le sujet semble a priori taillé pour lui, et apte à lui permettre, après le Mesrine de Richet, de rappeler qui est, aujourd’hui, le patron du polar français. Hélas, on est bien loin du compte. Car en prenant des distances avec ce qu’il connaît (le monde policier), Marchal exacerbe ses défauts (lourdes références cinéphiliques, éloge caricatural des valeurs viriles et de la loi du talion) sans retrouver ses points forts (réalisme noir, violence sèche, style carré). En déconstruisant son récit, en faisant passer l’intrigue (la rechute de Momon) avant le thème (son amitié avec Serge) il signe un film qui, bien qu’adoptant un ton perpétuellement cérémonieux, reste sans intensité. Car les personnages de Momon et de Serge sont traités bien trop en surface. Et là où l’abondance de flash-backs aurait dû nous aider à ressentir un lien d’amitié fusionnelle (et puis l’usure du temps, la distance), elle ne fait que nous informer. Le parcours de Vidal, perdant tout au nom d’une éthique et de valeurs dont il est désormais seul
à se soucier, n’est alors traité que comme “une histoire” (très conventionnelle), jamais comme un sujet (pourtant fort). Et ainsi, ce qui aurait pu relever de la tragédie
ou du cinéma de Sergio Leone ne donne lieu qu’à
une très schématique reconstitution télévisuelle. Fermé et immobile comme le masque soucieux de Gérard Lanvin, le film nous laisse alors dans une grande indifférence.
Delphine Cazus
de Olivier Marchal

Avec : Gérard Lanvin (Edmond Vidal, dit Momon), Tchéky Karyo (Serge Suttel), Daniel Duval (Christo), Lionnel Astier (Dany), Dimitri Storoge (Momon, jeune), Patrick Catalifo (le commissaire Max Brauner), François Levantal (Joan Chavez), Francis Renaud (Brandon), Valeria Cavalli (Janou), Estelle Skornik (Lilou), Olivier Chantreau (Serge Suttel, jeune), Stéphane Caillard (Janou, jeune), Florent Bigot de Nesles (Nick le Grec, jeune), Nicolas Gerout (Christo, jeune), Olivier Rabourdin (Charles Bastiani), Simon Astier (Dany, jeune), Étienne Chicot (Nick le Grec), Laurent Richard (Jean Daugé), Laurent Fernandez (Zerbib), Manu Lanvin (Stany Vidal), Simon Sportich, Anne Canovas, Nicolas Abraham, Pierre-André Gilard, Pierre-Yves Lenik
France, 2011.
Durée : 102 min
Sortie cinéma (France) : 30 novembre 2011
Sortie France du DVD : 4 avril 2012
Format : Scope - Couleur - Son : Dolby Digital 5.1. et 2.0.
Langue : français - Sous-titres : anglais, français.
Boîtier : Keep Case
Prix public conseillé : 19,90 €
Éditeur : Gaumont
Distributeur : Paramount Home Entertainment France
Bonus :
Scènes coupées (30’)