mardi 12 juin 2012, par
Vincent Descharnes, policier, la cinquantaine, observe une cour d’école, plongé dans ses souvenirs. Wilson et Déborah vivent une liaison passionnelle, sous les yeux jaloux de Stan, un jeune homme introverti, qui s’intègre à leur bande d’amis. La nuit,
Stan tague les murs de la ville. Wilson travaille dans un garage, sous les ordres d’un petit malfrat, Milo, et de ses deux hommes de mains. Il participe avec eux à un casse commandité
par Vincent. Stan essaye d’embrasser Déborah, mais elle
le repousse. C’est alors qu’il ressort des photos cachées
dans la cour de l’école et les montre à Wilson : les deux jeunes hommes sont bouleversés.

Tristan Aurouet, coréalisateur de Narco (2004), nous livre avec Mineurs 27 un second film ambitieux, un thriller psychologique qui met en scène un trio de jeunes gens profondément marqués par une affaire de pédophilie, et leur bourreau, un homme quelconque, banalement inquiétant, incarné par Jean-Hugues Anglade. La première partie du film se concentre sur les trois jeunes, et notamment sur leur manière de s’épanouir socialement et sexuellement : Stan, timide, renfermé, est l’opposé de Wilson, sportif et charmeur. Entre eux, Déborah incarne la possibilité d’un amour simple et absolu ; pour y accéder, et donc s’épanouir en tant qu’adulte, ils doivent tous les deux affronter leur traumatisme commun. Aurouet a beaucoup travaillé
son image afin d’accentuer l’approche sensorielle de ses personnages, filmés “à fleur de peau” : l’usage du format 4:3, les couleurs ternes et surexposées, les flous volontaires, les gros plans sur les visages, les arbres, l’océan, créent une atmosphère au plus proche des corps et des sentiments, qui, d’intimiste, devient au fil du récit sombre et oppressante. La deuxième partie est plus banale, retombant dans
les mécanismes usés d’une intrigue policière classique. Le montage elliptique et le découpage parfois aléatoire nuisent au déroulement de l’histoire, et limitent l’attachement du spectateur aux personnages. C’est dans la simplicité des plans fixes que les plus belles scènes se déroulent, et que les jeunes comédiens (dont c’est pour la plupart
le premier rôle) font montre d’énergie et de justesse. Mineurs 27 est donc un pari risqué, partiellement réussi.
François Barge-Prieur
de Tristan Aurouet

Avec : Jean-Hugues Anglade (Vincent Descharnes), Nassim Si Ahmed (Wilson), Marie-Ange Casta (Déborah), Finnegan Oldfield (Stan Casarelli), Gilles Lellouche (Oscar Herrera), Philippe Lellouche (Fabrice Herrera), Patrick Descamps (le père
de Casarelli), Éric de Montalier (Blandin), Sylvie David (la mère de Casarelli), Aïssa Maïga (Aminata, la mère de Wilson), Zlatko Buric (Milos)
France, 2011.
Durée : 96 min
Sortie cinéma (France) : 21 septembre 2011
Sortie France du DVD : 2 février 2012
Format : 1,33 - Couleur - Son : Dolby Digital 5.1.
Langue : français.
Boîtier : Keep Case
Prix public conseillé : 19,90 €
Éditeur : BAC Films
Distributeur : Zylo
Bonus :
Musiques du film
Bio commentée de Jean-Hugues Anglade
Rencontre avec Marie-Ange Casta
Bandes-annonces