jeudi 1er avril 2010, par
Simon Eskenazy, toujours clarinettiste, est devenu un grand interprète de musique traditionnelle juive. Il est sur le point d’enregistrer un nouvel album de musique Klezmer quand il doit prendre en pension chez lui sa mère, qu’une fracture à la hanche immobilise. Il rechigne, mais n’a guère le choix et l’envahissante Bella arrive. Simon, qui entretient une relation sentimentale compliquée avec Raphaël, jeune professeur de philosophie à l’homosexualité incertaine, rencontre dans le même temps Naïm, troublant travesti musulman qui le bouscule et l’émeut tout à la fois. L’infirmière que Simon engage pour Bella ne convient pas à celle-ci, qui la houspille en permanence. Quand elle part, elle est alors remplacée, au corps défendant de Simon, par Naïm alias Habiba.

Jean-Jacques Zilbermann nous revient donc, dix ans après L’Homme est une femme comme les autres, avec la suite des aventures de Simon Eskenazy, sorte d’Antoine Doinel, mais qui serait juif, névrosé, homo assumé et clarinettiste talentueux. L’histoire n’a rien perdu de
sa truculence et les personnages de leur saveur, mais ils ont gagné en légèreté. De Caunes trouve là une véritable épaisseur, à l’intersection qu’il est du deuil du personnage et du sien propre puisqu’il a perdu sa mère entre les deux films. Zilbermann, quant à lui, a perdu la sienne à l’issue de l’écriture du scénario. Et ce film fut pour lui, il le dit, un travail de deuil. Judith Magre, avec son incroyable énergie, est insolemment crédible dans ce rôle de mère excessive, abusive, mais qui sait frapper juste et avec tendresse. Enfin, et pour une fois, le cinéma français nous offre un personnage de travesti en nous épargnant la caricature. Jamais, en effet, rôles ne furent tenus avec plus de grâce, de candeur et d’élégance éthique et physique que ceux de Rosa, Habiba et Angela (auxquelles,
au demeurant, personne ne résiste). Par sa droiture et
sa vérité, Naïm l’arabe ramène Simon le juif - qui a perdu le sens du sacré - vers son propre salut. Ce dernier est alors enfin en mesure de renouer les fils épars de son histoire familiale, que ce soit avec les ascendants (la réconciliation avec la mère) ou avec les descendants (la transmission au fils de l’amour de la musique). Enfin Elsa Zylberstein, présence lunaire et bienveillante, retrouve avec Antoine de Caunes la trace vivante d’une complicité ancienne.
Nathalie Zimra
de Jean-Jacques Zilbermann

Avec : Antoine de Caunes (Simon Eskenazy), Mehdi Dehbi (Naïm / Rosa / Habiba / Angela), Elsa Zylberstein (Rosalie), Judith Magre (Bella), Catherine Hiegel (Arlette), Micha Lescot (Raphaël), Max Boublil (David), Jean Lescot (Mordechaï), Matthew Gonder (Yvan Finkelstein), Nada Strancar (Babette), Taylor Gasman (Yankele), Paulette Frantz, Andrée Damant, Sébastien Floche, Paul Rieger, Louison Roblin, Raymond Gil, Monique Couturier, Frank Anastasio, Éric Slabiak, Olivier Slabiak, Roger Pouly, Philippe Quintin, Aidje Tafial, Jean-Pierre Descheix, Astrid Adverbe, Alban Collaro, Louis-Serge Jouilloux, Benoît Lejuez, Raymonde Aknin, Halina & Willy Beretetsky, Yves Jeuland, Jacqueline Ségard, Jérôme Prezburger, Jonathan Manzambi, Ali Alamin Kahlioui.
France, 2009.
Durée : 90 min
Durée totale du DVD :
Sortie cinéma (France) : 2 décembre 2009
Sortie France du DVD : 6 avril 2010
Format : 1,85 - Couleur - Son : Dolby Digital 5.1.
Langue : français.
Boîtier : Keep Case
Prix public conseillé : 19,99 €
Éditeur : Bac Vidéo
Bonus :
Musiques originales d’Éric Slabiak
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