lundi 16 mars 2009, par
1953. Yong-taek, fils d’aubergiste, voit arriver Yoo-bong, musicien errant, qui enseigne l’art du chant pansori à sa fille Song-hwa et à son fils adoptif Dong-ho, qui l’accompagne au tambour. Les deux garçons sont secrètement amoureux de Hwa. Dong conteste l’ascèse imposée par leur père et s’enfuit. Il revoit parfois sa demi-sœur, et soupçonne Yoo-bong de l’avoir droguée et rendue aveugle pour rendre sa voix plus belle et abuser d’elle. Dong se fait embaucher dans une autre troupe, se marie avec Dam-sin, la “Chanteuse du Pacifique”.

Musicalement, si l’Afrique a le génie du rythme et l’Europe celui de l’harmonie, l’Asie se focalise sur
la mélodie, à tel point que nos oreilles occidentales ne sont pas toujours capables d’en percevoir les subtilités. Ainsi le pansori, opéra traditionnel coréen, décline à l’infini seulement six notes et cinq tons et est interprété uniquement par une seule chanteuse accompagnée
d’un seul percussionniste. Im Kwon-taek, qui s’est souvent intéressé aux artistes (souvenons-nous d’Ivre de femmes et de peinture), s’était fait connaître en France justement avec deux films sur le pansori : Le Chant de la fidèle Chunhyang (2000) et avant cela La Chanteuse de pansori (sorti en 1995) qui racontait, sous la forme d’un magnifique mélo épuré, la même histoire que celle de Souvenir,
tirée d’un roman de Lee Chung-joon. Mais cette fois,
il choisit de déstructurer la géographie et la chronologie du récit, d’explorer les méandres de la mémoire et
les modifications du contexte (un barrage a créé un lac artificiel, mis à sec l’estuaire et fait disparaître les pins
et les grues - le titre coréen signifie “Mille grues”).
Ce film testamentaire montre l’impossible transmission d’une tradition artistique et d’un mode de vie, celui
d’une époque où l’amour n’était pas jetable. Souvenir fait penser à un puzzle fascinant mais difficile à reconstituer. Du coup, le récit est moins émouvant que dans
La Chanteuse de pansori, car trop alambiqué, ce qui explique peut-être son échec commercial en Corée,
où le pansori est passé de mode.
Michel Berjon
Chun nyun hack
de Im Kwon-taek
Avec : Avec
Cho Jae-hyun (Dong-ho), Oh Jung-hae (Song-hwa), Lim
Jin-taek (Yu Bong), Jang Min-ho (Baek-sa), Ryou Seung-ryong (Yong-taek), Song Soon-sub (Cho Myong-chang), Oh Seung-eun (Dan-sim), An Byong-kyong (Nak San Gu-sa), Lee Moon-soo (le fils de Baek-sa), Kwon Tae-won
(le patron du Pacific Ocean), Koh Soo-hee (la femme de Yong-taek), Hwang Si-on (Song-hwa, jeune), Yun Je-won (Dong-ho, jeune), Kim Jun-ho (Yong-taek, jeune), Kim Ki-cheon (le gardien de l’auberge), Hwang Chun-ha (l’ami de Dong-ho), Paung Eun-mi
(la mère de Yong-taek), Choi Dae-woong et Kim Soo-woong (les amis de Baek-sa), Kim Jong-chil (le père de Yong-taek), Jung Hee-na (le guide de Song-hwa), Yoo Tae-ho,
Lee Gyu-ho, Park Geun-young.
Corée du Sud, 2007.
Durée : 106 min
Sortie cinéma (France) : 23 juillet 2008
Sortie France du DVD : 11 mars 2009
Format : 1,85 - Couleur - Son : Dolby Digital 5.1.
Langues : coréen, français - Sous-titres : français.
Boîtier : Thinpack
Prix public conseillé : 19,99 €
Éditeur : Warner Home Video
Distributeur : Warner Home Vidéo France