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Waynak, change de disque médiatique !

Cannes, ce sont des films – beaucoup !- mais aussi des rencontres. Au hasard du Marché du film, nous avons rencontré Vincent Hejduk, fondateur de l’association MakeSense qui parle des réfugiés autrement que dans les médias traditionnels et outille le citoyen afin qu’il puisse s’impliquer dans des problématiques qu’il veut défendre.

« Waynak » ça veut dire « t’es où ?  » en arabe. Une question banale qui prend une tournure plus lourde dans un contexte de crise humanitaire et de flux migratoires. Waynak c’est aussi le titre d’une série documentaire – réalisée par 11 jeunes – sur la crise des réfugiés. Depuis 2016, le projet a mobilisé des milliers de personnes. C’est un mouvement inédit en Europe et il va continuer de faire des vagues ! « Réfugié », « crise », « migration » derrière ces mots qui perdent leur sens à force d’être serinés dans les médias se cachent des histoires et des passions. Pendant six mois, une équipe de jeunes des quatre coins du monde, a fait tourner sa caméra en Europe et au Moyen Orient. Le résultat : des récits, des aventures et des solutions pour l’intégration sociale des réfugiés.

Concrètement, MakeSense a épinglé trois challenges à relever : comment garantir par voie légal un passage sécurisé aux réfugiés ; quand ils arrivent dans un pays, comment garantir l’accès aux informations et besoins de base ; enfin, comment intégrer socialement ces personnes via des opportunités économiques. Depuis le 14 novembre 2016, date de sortie du 1er épisode, la mobilisation est enclenchée « de plus en plus d’ateliers d’innovations se sont développés pour aider les entrepreneurs sociaux de MakeSense. On a réussi à créer une mobilisation concrète dans une vingtaine de pays. » Si Vincent a fondé MakeSense c’est pour raconter ces initiatives sociales. « Comme tout le monde, à l’époque je lisais la presse et j’étais dégouté de ce que j’y lisais. Je voulais créer du contenu mais pas seulement, il faut permette au citoyen de trouver où il peut s’investir et aider des projets qui existent déjà. »

Faire de MakeSense un média via Waynak, sert à proposer un discours nouveau, plus proche de la réalité. Un changement qui passe par les images, bien loin du flux de clichés médiatiques. « On ne montre pas un blanc qui sert de la soupe à un pauvre réfugié ! Mais des gens de toutes nationalités, souvent des réfugiés d’ailleurs, qui portent des projets, qui pensent et mettent en place des solutions  ». Après la projection du premier documentaire en 2016, s’en est suivie une mobilisation importante, en quatre mois des milliers de personnes étaient impliquées. « Chaque épisode est relié à une projection géo-localisée. En ligne les gens comprennent des problématiques. Ensuite ils rencontrent dans la vraie vie des porteurs de projets locaux dans le cadre de projections. On crée du contenu avec le public. » Finalement, le monde est une question de migration et il faut voir ça comme une opportunité. « D’ici 10 ans avec le réchauffement climatique, on va faire face à des flux migratoires sans précédent. L’Algérie par exemple va être très concernée, à cause du manque d’eau. Cette crise, en fait, permet aux gens de se préparer. » Les solutions que Waynak montrent à l’écran sont aujourd’hui reproduites dans de nombreuses villes. En changeant le discours Vincent et ses amis sont passés du contenu à l’action.

https://stories.makesense.org/waynak/